Phonotonic : la start-up qui transforme vos mouvements en musique

Phonotonic. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose et pourtant, il pourrait révolutionner l’industrie musicale dans les années à venir. Le concept ? Un objet connecté capable de transformer en temps réel les mouvements en musique.
Son président, Nicolas Rasamimanana, nous explique ses perspectives et sa vision du développement d’une start-up en France en 2015.

Entretien avec...

Nicolas Rasamimanana

Président de Phonotonic

Comment est né Phonotonic ? Quelle est l’originalité de votre projet ?

Nous sommes partis d’un constat simple : pour faire de la musique aujourd’hui, il est nécessaire de savoir se servir d’un instrument ou d’un ordinateur.

Tout le monde ne peut pas jouer du violon par exemple. Or, nous voulions permettre à tous de vivre cette expérience fun grâce aux nouvelles technologies. A l’aide de capteurs, Phonotonic, un objet qui tient dans la main, analyse les mouvements d’un utilisateur et les transforme en temps réel en musique. Il est possible de choisir entre différents packs : électro, jazz ou rock par exemple, pour recréer les sons d’une guitare.

Notre modèle économique repose sur la vente des produits en magasin, sur des sites Internet marchands et sur le nôtre. L’application est gratuite aujourd’hui. Mais à moyen terme, nous souhaiterions la monétiser avec de l’achat In-App de fonctionnalités et de packs de musique supplémentaires. Nous voulons également la rendre collaborative pour que chacun puisse partager sa musique et jouer celle des autres. Notre cible est le grand public, avec une prédilection pour les 12-35 ans. Nous souhaiterions décliner notre offre à différentes tranches d’âge. Dans les 12 prochains mois, nous essaierons aussi d’avoir des comptoirs établis aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Japon. L’objectif est de réaliser une deuxième levée de fonds dans les douze prochains mois pour soutenir notre développement à l’international.

Quel est votre parcours et comment avez-vous pensé votre équipe ?

J’ai d’abord été chercheur à l’Ircam, Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique pendant 10 ans. Je travaillais avec des musiciens professionnels sur la manière de composer et d’interagir avec la musique. Fin 2011, j’ai créé Phonotonic. Le produit a existé en prototype pendant deux ans. S’en sont suivies les étapes de miniaturisation et d’industrialisation puis la commercialisation pour la première fois en décembre 2014. Nous sommes aujourd’hui 5 collaborateurs à temps plein, une partie de l’équipe est dédiée au développement et l’autre à l’aspect commercial et marketing.

Comment susciter l’attractivité autour de votre projet et recruter de potentiels candidats ?

Le point déterminant dans une start-up comme la nôtre, c’est comment le nouveau collaborateur réussira à s’intégrer à une équipe déjà en place. Outre les compétences techniques, le côté humain est primordial.

Dans une équipe réduite, chacun doit tirer dans la même direction avec la même énergie pour garder le dynamisme d’origine. En matière d’attractivité, nous avons la chance d’avoir un produit assez fort et unique qui attire naturellement des candidats. Nous profitons aussi de deux secteurs porteurs : les objets connectés et la musique.

Comment abordez-vous le management ?

Une start-up démarre toujours avec une petite équipe polyvalente. Chacun se retrouve à faire l’ensemble des tâches, du plus petit détail à la création de la vision globale. En grandissant, se pose la question de la structuration.

Je crois en un modèle où l’équipe managériale est là pour asseoir la base. Chacun doit aussi avoir une marge d’indépendance pour entretenir sa motivation. Il s’agit d’instaurer un management qui garantisse assez d’espace de liberté pour pouvoir apporter des idées neuves et permettre à tous de participer à des discussions sur des sujets où il n’est pas forcément concerné au départ.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent se lancer ?

Continuer à avancer, rester convaincu de son produit et de sa valeur tout en étant à l’écoute des opportunités.

En France, il existe un écueil : développer son projet sans retour du marché. Ce qui conduit à aller loin dans son déploiement sans se rendre compte que cela n’intéresse pas le public. Il faut donc le confronter le plus tôt possible.

C’est ce que nous avons fait grâce à l’incubateur du Centquatre Paris et Agoranov. Nous avons testé les différentes versions de notre produit sur des clients potentiels. Croyez-moi, cela nous a permis de faire le tri entre nos différentes fonctionnalités.

Selon vous, le marché français est-il mûr pour les start-up aujourd’hui ?

Nous sommes dans une période charnière. S’il y a 2 ou 3 ans une start-up revêtait un côté obscur pour les Français, l’effet de mode et aussi de communication a apporté de la reconnaissance. L’an dernier, l’opération spéciale le « Noël de la French Tech » qui appelait à acheter des produits issus des start-up françaises, a bien fonctionné par exemple. Ce genre d’initiative montre que la France est à l’écoute, même s’il reste beaucoup à faire pour arriver au niveau des Etats-Unis.

Découvrez la démonstration Phonotonic

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