Solidarité dans l’entreprise : ensemble, c’est mieux

Une étude publiée en 2014 par Opinion Way révèle que 2 salariés sur 3 plébiscitent avant tout les valeurs d’entraide sur le lieu de travail. Ils les classent en haut du tableau, avant l’efficacité, la mixité sociale ou la compétition. D’où la nécessité de plus en plus impérieuse de prendre en compte les rapports sociaux au sein de l’entreprise. Et si la valorisation de cet esprit de solidarité s’avérait le garant d’une plus grande cohésion sociale, voire d’une meilleure productivité ?

Cultiver «l’être ensemble»

Nommé au festival de Cannes et aux Césars, le film « Deux jours, une nuit », mettait en scène une ouvrière qui devait convaincre 9 de ses collègues de renoncer à une prime de salaire pour qu’elle puisse garder son emploi. Cet élan de solidarité dans l’entreprise dépasse largement le cadre d’une œuvre cinématographique.

Aujourd’hui, de nombreux salariés regrettent la prédominance de l’individualisme sur le lieu de travail et beaucoup aimeraient que les valeurs collectives y soient plus développées. Or, il existe différentes manières d’enraciner une vraie culture de la solidarité interne.

Pour créer des liens et apprendre à mieux se connaître, rien de tel que le team-building.
Organiser des séminaires, des ateliers artistiques, des sessions sportives, privilégier des moments de convivialité, avec des apéritifs informels ou des repas en dehors du cadre du travail par exemple, permet de booster l’esprit d’équipe et de favoriser les échanges et la communication.

On voit aussi émerger d’autres initiatives parfois moins conventionnelles, comme celles de certains dirigeants qui s’appuient sur le partage des passions communes de leurs salariés. Pourquoi ne pas également développer d’autres dispositifs comme le co-voiturage, les commandes groupées ou encore l’investissement des collaborateurs pour soutenir une cause d’intérêt général… En un mot, tout ce qui renforce l’entraide et la solidarité entre collaborateurs.

Bien sûr, le rôle du manager s’avère primordial, puisqu’il a toutes les cartes en mains pour favoriser le travail en équipe. Mais, l’union fait la force et des équipes soudées sont généralement plus motivées, créatives et performantes.

Et pour augmenter la productivité, de plus en plus d’entreprises misent sur le partage des idées.

Google, par exemple, est souvent cité comme modèle de travail collaboratif et performant. Les salariés bénéficient de 20% de temps libre pendant leur temps de travail, destiné à leurs recherches personnelles. L’entreprise encourage ainsi ses collaborateurs à entrer en contact les uns avec les autres et à rendre compte de leurs avancées. Conséquence : une plus forte émulation et de meilleurs résultats. Et lorsqu’un collaborateur rend service à un autre dans le cadre de son projet, ce dernier peut le remercier publiquement via un site collaboratif. D’après les dirigeants, ce système de gratification incite à l’entraide et favorise l’innovation et les nouveaux projets.

Quand la solidarité fait loi : le don de jours de congés

solidairesCertaines entreprises avaient ouvert la voie. On se souvient notamment de Badoit en 2009, dont les salariés avaient spontanément offert 170 jours de RTT à l’un de leur collègue pour lui permettre d’accompagner son fils atteint d’un cancer. Hors de tout cadre légal, ce geste avait été cependant validé par la direction de l’entreprise.

Cinq ans plus tard, en mai 2014, la Loi Mathys, du nom de ce jeune garçon, vient donc légaliser cet élan de solidarité.
Le Sénat adopte alors la proposition qui entérine le don de RTT ou de jours de congés payés. La loi stipule que tout salarié d’une même entreprise peut renoncer anonymement et sans contrepartie à tout ou partie de ses jours de repos non pris en faveur d’un collègue dont l’enfant (âgé de moins de 20 ans) est gravement malade, handicapé ou accidenté, lorsque la situation nécessite une présence soutenue et des soins contraignants. Ce don doit être fait sur la demande du salarié et en accord avec l’employeur. Seule contrainte : le salarié doit conserver au moins 4 semaines de vacances, il peut donc offrir soit des RTT, soit des jours de récupération ou des congés payés, mais au-delà de 24 jours. De son côté, le parent bénéficiaire doit fournir à l’employeur un certificat médical attestant de la gravité de la maladie. Il conserve sa rémunération pendant son absence, ainsi que les avantages acquis lorsqu’il travaillait.

Encore timidement appliquée, cette nouvelle mesure devrait certainement s’étendre à d’autres entreprises, publiques ou privées, petites ou grandes. En France, on estime en effet à 1500 le nombre de familles concernées par cette loi

D’autre part :
78% des français se disent prêts à faire don de leur RTT à un collègue.

Dans le même esprit, de plus en plus de sociétés mènent des initiatives pour accompagner les salariés aidants, afin qu’ils puissent mieux concilier vie professionnelle et contraintes personnelles. Plusieurs pistes sont envisagées, comme l’aménagement des conditions et du temps de travail, ou encore le suivi du salarié en congé long pour soutien familial ou présence parentale, afin de maintenir le lien avec l’entreprise.
En conclusion, on constate généralement que les entreprises, qui cultivent la cohésion sociale et la capacité à se mobiliser en interne en cas de difficultés, développent leurs performances. Au-delà des bienfaits individuels de l’entraide, c’est donc toute l’organisation de la société qui se trouve améliorée.

Plus de solidarité, pour plus d’émulation, finalement, l’équation est gagnante pour l’entreprise. Le lieu de travail est avant tout un lieu de vie et on obtient de meilleurs résultats lorsque l’on valorise le «tous ensemble» plutôt que le «chacun pour soi».

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