Rythm amadoue vos neurones pour améliorer votre sommeil

Diplômés de l’École polytechnique et passionnés de neurosciences, Hugo Mercier (CEO) et Quentin Soulet de Brugière (CSO) ont cofondé Rythm, une entreprise de neurotechnologies basée à Paris et San Francisco. Son premier produit, Dreem, est un bandeau voué à renforcer la qualité du sommeil par un procédé de stimulations cérébrales. Depuis 2014, les deux entrepreneurs ont levé plus de 10 millions d’euros.

Entretien avec...

Hugo Mercier

CEO de Rythm

Comment est née Rythm et quelle est la singularité de ce projet ?

A l’origine, fascinés par le cerveau humain et les avancées des neurosciences, nous voulions prendre part à un projet de recherche scientifique. Nous avons commencé à rencontrer différentes équipes jusqu’à travailler avec l’une d’entre elles sur le procédé de stimulation cérébrale au cœur de Dreem. En ayant constaté le potentiel d’amélioration de la qualité du sommeil et le renforcement des performances en journée, nous nous sommes dit qu’il était possible de réaliser un produit grand public.

Comment passe-t-on d’un projet de recherche scientifique à une start-up ?

Hugo Mercier

Hugo Mercier

Cela faisait sens puisque peu de solutions existent à l’heure actuelle. Mais la volonté de créer une start-up s’inscrit dans une vision à plus long terme. Énormément d’applications seront rendues possibles par l’essor des neurotechnologies dans les années à venir. Le sommeil est un challenge considérable. Nous avons créé Rythm en juillet 2014 avec l’idée de grandir rapidement et attirer des experts de chacun de nos domaines technologiques. Pour cela, nous avions besoin de financements. C’est à ce moment-là que nous avons rencontré Laurent Alexandre, cofondateur de Doctissimo.

Comment vous-êtes vous structurés humainement ?

Nous avons d’abord analysé nos besoins d’un point de vue technologique et ensuite, les bonnes personnes pour y parvenir. Car derrière le produit, il y a une technologie de pointe : un ordinateur miniature qui mesure l’activité cérébrale et embarque des algorithmes.

Les recrutements ont été l’un des points les plus importants au démarrage. Avec Quentin, nous avons réalisé les premiers pour constituer rapidement une équipe très technique de dix personnes et rapidement, nous avons embauché un DRH.

Comment réussir à gérer des équipes aux tâches variées ?

Nous avons mené une réflexion permanente sur la structure de Rythm. J’ai rencontré de nombreuses entreprises qui mêlent nos différentes activités : recherche fondamentale, projets de R&D, développement hardware et software. Nous avons combiné tout ceci afin d’aligner tous les pôles. Rappelons qu’en un an et demi, nous sommes passés de deux à cinquante personnes alors que dix recrutements sont en cours.

Comment abordez-vous le management ?

Le management n’est ni pyramidale, ni trop plat car cela ne serait pas productif. Chacun travaille sur sa thématique. C’est un ping-pong permanent entre les pôles. Le management représente donc énormément d’écoute.

Il y a ce que les utilisateurs attendent et ce qu’il est possible de faire. Aujourd’hui, nous sommes organisés en une dizaine de pôles dont sept technologiques, les autres concernent le produit, le marketing sales, le design, ainsi que la finance et les ressources humaines.

Vous avez également un bureau à San Francisco, pourquoi ce choix ?

J’ai entrepris une partie de mes études à Berkeley dans la Silicon Valley. J’y ai observé l’écosystème qui m’a permis d’identifier les expertises associées à notre marché. Je n’avais pas envie de faire l’erreur de certaines start-up qui se développent en France puis à l’international, car il est alors souvent trop tard. Nous avons donc ouvert un bureau à San Francisco en mars 2015.

Comment avez-vous gérer votre croissance économique ?

Nous avons reçu le soutien financier de l’Etat et effectué plusieurs levées de fonds auprès de Business Angel comme Laurent Alexandre et plus récemment Xavier Niel pour acquérir un capital de départ et faire face aux accélérations des besoins. En effet, la R&D représente beaucoup de dépenses, de même que les coûts de marketing, de distribution, de design… Nous cumulons des challenges importants comme le hardware, la visée grand public, et le besoin d’avoir une équipe de plus en plus importante. Nous avons aujourd’hui 50 salariés avant même que le produit soit lancé auprès du grand public. Ces financements nous ont aidés à obtenir de bonnes valorisations.

Quels sont les prochains challenges à venir ?

L’enjeu à moyen terme est de faire en sorte que la plus grande partie de la population française et américaine ait un bandeau Dreem. A plus long terme, il faut trouver la bonne stratégie de gamme de produit et identifier quelle application mettre en place et pour quel utilisateur. L’autre challenge va être celui du recrutement. Le point primordial pour notre développement est de recruter les meilleurs, attirer les personnes de l’étranger avec comme objectif de créer un pôle de R&D spécialisé en neurotechnologies à Paris. Enfin, la problématique de génération de revenus va naître. C’est pourquoi notre pôle sales et marketing va fortement augmenter dans les prochains mois.

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