Redressement judiciaire : Garder le cap dans la tempête

Les factures s’accumulent, les fournisseurs perdent patience, et les banques font la sourde oreille ? Heureusement, des solutions existent pour tenter de sauver la société et redresser la barre. Mais lorsque le navire perd le cap, c’est tout l’équipage qui est déboussolé ! Comment rester mobilisé lors d’un redressement judiciaire et garder les forces vives dans l’entreprise ?

Le redressement judiciaire : un mal nécessaire ?

Souvent mal perçu par les entrepreneurs, le redressement judiciaire est pourtant l’une des solutions recommandées pour sauver l’entreprise. Mais il faut agir rapidement.

Important

Lorsqu’il y a cessation de paiements, le dirigeant dispose de 45 jours pour déposer une demande auprès du tribunal de commerce ou du tribunal de grande instance, selon son statut. Si la demande est accordée, c’est-à-dire si l’entreprise est jugée viable, la procédure se met en place.

Elle commence par la période d’observation. Pendant 6 mois (renouvelables jusqu’à 18 mois maximum), l’entreprise doit réaliser un véritable check-up économique et social. Ce bilan est déterminant pour la société, car il permet d’étudier et d’évaluer ses chances de survie et de construire des propositions de continuation ou de cession. Pour cela, le dirigeant est épaulé par un mandataire judiciaire ou un administrateur judiciaire (si l’entreprise compte plus de 20 salariés et plus de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires). Celui-ci est chargé de l’assister, de préparer le redressement et d’aider le dirigeant à trouver des solutions.

crise-300Pendant cette période, l’entreprise peut poursuivre son activité et bénéficie du gel de ses dettes, intérêts, majorations etc… lorsqu’ils sont antérieurs à l’ouverture de la procédure !

De même, les salaires non payés à la date d’ouverture sont pris en charge par le Fonds national de garantie des salaires (FNGS). Un vrai bol d’air dans un contexte souvent difficile, même si ces sommes devront être remboursées par la suite. A l’issue de ces quelques mois d’observation, le tribunal peut alors trancher. Si la société est viable, elle bénéficie d’un plan de redressement, bâti sur 10 ans maximum, durant lesquels elle devra régler ses dettes, tout en poursuivant son activité. Elle peut également faire l’objet d’une reprise par une autre entreprise. Si elle n’est pas viable, le tribunal prononce la liquidation judiciaire.

Ces situations de crise sont souvent mal vécues par les salariés. C’est au manager de faire preuve du sens des responsabilités et d’une volonté de dialogue… doublés d’un certain optimisme !

Anticiper et réagir rapidement

Trop souvent, les dirigeants attendent l’établissement du compte de résultat et du bilan pour savoir où en est l’entreprise. Or, les difficultés naissent souvent d’un manque d’anticipation.

Règle principale : ne pas laisser la société s’enliser dans les difficultés et décréter au plus vite l’état d’urgence !  La marge de manœuvre s’amenuise avec le temps. Il faut donc éviter la politique de l’autruche, qui ne ferait qu’aggraver la situation. Définir un plan d’actions en interne est une première étape indispensable avant de se retrouver au pied du mur.

Communiquer et fédérer les équipes

C’est aussi le moment de redéfinir les stratégies de l’entreprise, ses priorités, ses fondamentaux. Il est important de réunir les équipes pour réfléchir ensemble à ce nouveau challenge : comment retrouver le bon cap ? En particulier lorsqu’un plan d’actions a déjà été défini, ou que des décisions importantes ont été prises. Mettre les collaborateurs devant le fait accompli peut être mal perçu, d’autant que chacun, selon ses compétences, peut apporter sa contribution. En les impliquant, il est possible de leur donner de la visibilité et de les fédérer autour d’un même objectif.

Savoir s’entourer

Dans un contexte anxiogène, rien n’est pire que l’isolement. Aussi ne faut-il pas hésiter à frapper à la porte d’associations d’entrepreneurs. De nombreux chefs d’entreprise ont dû faire face à ces difficultés et ont réussi à relever le défi. Leurs conseils sont souvent précieux. Un expert-comptable, un juriste, peuvent également apporter leurs lumières pour entrevoir de nouvelles orientations.

Remettre à plat l’organigramme

Le rebond de l’entreprise passe aussi par sa réorganisation. Il suffit parfois de simplifier la hiérarchie ou de reconsidérer les postes de chacun pour relancer la machine. Si l’on passe en revue les compétences et les tâches des collaborateurs, on s’aperçoit parfois que des changements d’affectation correspondant mieux à leurs talents peuvent s’avérer très bénéfiques.

Garder des relations de confiance avec les partenaires

L’inquiétude est un sentiment contagieux, aussi faut-il faire preuve d’optimisme. L’une des conditions essentielles à la survie d’une société réside dans la confiance que ses partenaires lui porte. Rassurer les clients, les fournisseurs, les sous-traitants, les banquiers …, les convaincre que le rebond est possible, sans pour autant nier les difficultés, est l’une des clés d’un nouveau départ.

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