Recrutement : détecter les CV mensongers

« CDD » à la place de « Stage », « Diplôme » à la place de « Formation »… De la petite exagération au mensonge éhonté, les CV arrangent bien souvent la réalité : 75% d’entre eux sont considérés trompeurs*.
Sachant qu’il est de la responsabilité de l’employeur de s’informer sur le parcours professionnel du candidat, il est vivement conseillé de mener quelques vérifications au cours de la phase de recrutement. Voici quelques astuces qui éviteront les déconvenues…

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Premier coup d’œil, premières évaluations

Lors de la phase d’analyse du CV, soyez vigilant : repérez les « trous » dans la chronologie du parcours du candidat, les diplômes aux intitulés imprécis présentés sous forme de sigles incompréhensibles ou les noms d’employeurs incomplets. Tout ce qui semble douteux devra pouvoir être justifié lors de l’entretien. De même, le CV « trop parfait » répondant point par point à l’offre proposée doit vous mettre la puce à l’oreille.

Préparez l’entretien en amont

Avant de recevoir le candidat en entretien, demandez-lui d’apporter toutes les pièces justificatives qui peuvent vous aider à vérifier les informations : ses diplômes, ses derniers bulletins de salaires, et les certificats de travail… Un candidat qui ne vous transmet pas ces documents est  un bon indice de tromperie. Mieux, il peut vous faire faux bond et ne pas se présenter au rendez-vous. Dans ce cas, vous êtes fixé !

Menez votre enquête

cv-mensonger-tromperie-cv-345Les grandes écoles disposent d’un annuaire des anciens élèves qu’il est possible de consulter pour vous assurer que le postulant y figure bien. Si vous n’avez pas accès à ce document, un appel téléphonique au directeur de l’établissement pourra vous apporter la réponse attendue. Vous pouvez éventuellement consulter les réseaux sociaux professionnels (Viadeo, Linkedin) pour vérifier les informations présentes sur le CV. En effet, peu de gens prennent le risque de mentir sur ces réseaux car ils sont en contact avec d’anciens collègues ou managers.

 

Prenez des références

Contactez les anciens employeurs afin d’obtenir des éléments concrets sur l’activité précédente ou sur des compétences précises. Les périodes d’inactivité ou les fausses dates de contrat peuvent également être démasquées par ce biais. Attention, cependant, vous devez obligatoirement avoir l’accord écrit du candidat pour prendre contact avec son ancien employeur.

Sachez bien formuler vos questions

Pendant l’entretien, utilisez des techniques de questionnement et de reformulation, par exemple : « En évoquant votre dernière expérience de chef d’atelier, vous m’avez dit que vous appréciez le travail en équipe et l’échange. Avez-vous un exemple qui illustre cela ? ». Privilégiez les questions ouvertes qui permettent au candidat de détailler ses expériences. Croiser son récit avec les informations contenues dans son CV vous permettra d’avoir une idée de la réalité.

Posez des questions concrètes sur ses expériences passées

Responsabilités réelles, place exacte dans l’organigramme, type de machine ou de logiciel utilisés au quotidien… Demandez lui de raconter une journée  de travail  type dans le détail. Cet exercice permettra de détecter des incohérences et éventuelles tricheries.

Testez le candidat

Si le CV mentionne un niveau d’anglais « fluent », menez l’entretien dans la langue de Shakespeare pour vérifier. Vous pouvez également soumettre le candidat à des tests, que ce soit pour évaluer le niveau de langue ou la maîtrise d’un logiciel.

 

Les 4 points de vigilance

1Les diplômes

C’est le principal point de triche. Le candidat indique la mention « formation diplômante » pour entretenir le flou et rien ne dit qu’il a obtenu au final un diplôme. Un DEUG devient un Master par exagération, ou plus grave, une Licence apparaît clairement sur le CV alors que le candidat n’a jamais été à la fac.

2Le poste occupé

Le candidat peut mentir sur sa place dans l’organigramme, exagère sur le niveau de ses fonctions précédemment occupées, ou l’importance de ses responsabilités d’encadrement, le degré d’autonomie ou d’initiative… Il est peut être tentant de remplacer la fonction de « Responsable »
par celle de « Directeur ».

3La durée des postes

Afin d’éviter que des périodes d’inactivités soit visibles sur le CV, le candidat indique des durées en année, sans préciser les mois. Les emplois courts sont parfois supprimés, et il arrive que les stages soient intégrés à l’expérience professionnelle.

4Les langues étrangères

« Bon niveau d’anglais », « pratique courante »… Le niveau de langue indiqué est souvent imprécis et parfois surestimé alors que la personne n’a pas pratiqué depuis longtemps, ou que ses connaissances relèvent seulement d’un niveau scolaire. Une pratique dite « courante » ne veut pas dire non plus que le candidat soit à l’aise dans un contexte professionnel.

Chiffres clés

  • 75% des CV sont trompeurs
  • 90% des candidats déclarent normal d’arranger leur CV
  • 66% des employeurs ne font aucun contrôle

Source : 7ème étude sur les CV trompeurs – Florian Mantione Institut - janvier/février 2013

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