Premiers pas dans l’entreprise : réussir l’intégration d’un apprenti

L’apprentissage a le vent en poupe ces dernières années. Pour plus de 60% des jeunes, ce contrat en alternance est un véritable sésame pour intégrer plus facilement le monde du travail et le meilleur moyen d’acquérir une expérience professionnelle reconnue, tout en validant un diplôme. Pour l’entreprise, c’est l’occasion de former de nouveaux talents et de contribuer à la politique d’insertion des jeunes. Un contrat gagnant-gagnant, à condition de préparer le bon terreau pour faire croître ces jeunes pousses.

Contrat d’apprentissage : mode d’emploi

Le contrat d’apprentissage est un contrat d’alternance destiné aux jeunes de 16 à 25 ans ayant satisfait l’obligation scolaire ou aux jeunes de moins de 15 ans s’ils ont effectué un premier cycle de l’enseignement secondaire. Il s’agit à priori d’un CDD, qui peut toutefois déboucher sur une embauche en CDI si l’apprenti donne satisfaction. Signé entre l’employeur et le jeune (ou son représentant légal s’il est mineur) pour une durée de 1 à 3 ans.

Selon le diplôme préparé, il implique exactement les mêmes droits et devoirs qu’un contrat conclu avec n’importe quel salarié de l’entreprise. L’apprenti va ainsi partager son temps entre l’école et l’entreprise, avec un objectif précis : acquérir des compétences en milieu professionnel.

Tiercé gagnant

L’apprentissage est un véritable travail d’équipe entre les trois parties concernées : l’employeur, son apprenti et le CFA (Centre de Formation d’Apprentis). Pour en garantir le succès, chacun a donc un rôle précis à jouer.

  • L’employeur assure à l’apprenti une vraie formation professionnelle rémunérée correspondant au métier choisi, en désignant un maître d’apprentissage qui prend en charge sa formation au sein de l’entreprise.
  • Parallèlement, le CFA assure l’enseignement général et technologique de l’apprenti, tout en restant en relation avec le maître d’apprentissage.
  • De son côté, l’apprenti s’engage à respecter les règles de fonctionnement de l’entreprise et à effectuer les travaux qu’on lui confie, tout en suivant sa formation en CFA.

Les clés d’une insertion réussie

Mesurer sa motivation

Choisir un bon apprenti n’est pas toujours chose facile. Contrairement à l’embauche d’un salarié expérimenté, le critère de sélection est plus lié à la motivation et à la curiosité du candidat qu’à son CV, encore relativement peu étoffé ! C’est toutefois cet enthousiasme qui sera déterminant pour son intégration dans l’entreprise. Dès l’entretien d’embauche, essayez de sonder sa motivation et assurez-vous de l’adéquation entre vos attentes et les siennes. N’oubliez pas également de bien préciser les contours du poste et les tâches concrètes qu’il sera amené à réaliser.

Etre disponible

La réussite de l’intégration de l’apprenti se joue souvent dès les premiers jours. C’est à ce moment qu’intervient l’acteur principal de ce partenariat sur le terrain : le maître d’apprentissage. Un rôle clé qui doit être tenu par une personne majeure et expérimentée, soit le chef d’entreprise lui-même, soit l’un des salariés, voire une équipe tutorale de plusieurs salariés parmi lesquels sera désigné un maître d’apprentissage référent. La personne choisie sur la base du volontariat, aura du pain sur la planche et doit donc être disponible pour mener à bien cette mission.

Dès l’arrivée du jeune dans l’entreprise, le maître d’apprentissage est chargé de l’accueillir, de le présenter à ses collègues et lui montrer qu’il fait partie de l’équipe. Il ne faut pas hésiter à lui faire faire le tour des autres services pour qu’il ait une idée globale du fonctionnement de la société. Le tuteur met également à la disposition de l’apprenti l’équipement de l’entreprise tout en lui garantissant les conditions d’hygiène et de sécurité nécessaires.

apprenti

Ouverture d’esprit et écoute sont aussi des qualités indispensables. Surtout lors des premiers jours, car il faut avoir en tête que la jeune recrue débarque dans un univers inconnu. La plupart du temps, l’écart est immense entre la théorie apprise à l’école et la pratique sur le terrain. Sa seule expérience se limite souvent au stage d’observation de la classe de 3ème ou au job d’été. Il découvre alors les relations de bureau, les rapports hiérarchiques … et a certainement de nombreuses questions à poser. Lui expliquer les règles du monde de l’entreprise l’aidera à travailler plus rapidement en autonomie et à devenir force de propositions.

Miser sur l’organisation

Entre les cours, les journées de travail dans l’entreprise, les rapports à rédiger, les examens à préparer… la vie de l’apprenti ressemble souvent à un marathon. Un rythme particulièrement soutenu qui exige de l’endurance, une motivation constante et un sens pointu de l’organisation. Le rôle du maître d’apprentissage est donc essentiel pour apprendre au jeune à gérer de front ses différentes activités. Première étape : faire avec lui un planning qui détaille les périodes en entreprise et les cours à l’école pour répartir judicieusement le travail et anticiper. Ensuite, il est souvent nécessaire de faire un point sur le temps de travail, les horaires, les pauses, d’autant plus que l’apprenti n’a pas toujours l’habitude de gérer les contraintes horaires. Un juste équilibre entre « périodes de pointe » et temps de récupération pour lui permettre de recharger les batteries est souvent la condition sine qua non pour maintenir la motivation de part et d’autre.

Assurer le suivi

L’apprenti travaille plusieurs mois, voire plusieurs années dans l’entreprise. D’où l’importance d’un suivi organisé et pertinent. Faire régulièrement avec lui des bilans d’étape, pour déterminer les points positifs et les points d’amélioration s’avère toujours positif. C’est aussi l’occasion de prendre en compte ses idées ou ses suggestions et de faire grandir son autonomie et son sens des responsabilités. Bien entendu, une collaboration étroite avec le CFA est également indispensable. Le maître d’apprentissage a tout intérêt à prendre part aux réunions de coordination avec le CFA, et à utiliser le carnet de liaison qui sert de relais entre le jeune, l’entreprise et l’organisme de formation. Il peut également rencontrer périodiquement le tuteur-enseignant de l’école afin de discuter de la progression de l’apprenti. Il est du reste responsable du respect du contrat et doit s’assurer d’une part, que les travaux confiés restent en adéquation avec l’enseignement théorique et d’autre part que l’apprenti participe bien aux examens validant le diplôme.

Des aides non négligeables

Lorsqu’il conclut un contrat d’apprentissage, l’employeur peut bénéficier d’avantages financiers :

  • Exonération des cotisations sociales
  • Crédit d’impôts
  • Aides des régions (prime à l’apprentissage par exemple)
  • Aides de l’Etat

N’hésitez pas à vous renseigner auprès des organismes compétents.

Le « Top 5 » d’une intégration réussie

1 – Soignez particulièrement l’entretien d’embauche et sondez sa motivation

2 – Soyez bien clair sur la répartition des tâches et des responsabilités entre les 3 partenaires : l’apprenti, le CFA et vous-même

3 – Soyez présent et disponible pour l’accueillir et répondre à ses questions

4 – Aidez-le à planifier et à organiser ses différentes activités (école et entreprise)

5 – Réservez également du temps pour un suivi méthodique et régulier

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