Plus jeune que mon collaborateur, comment le manager ?

Avec le recul de l’âge de la retraite et l’allongement des carrières, les jeunes cadres sont de plus en plus souvent amenés à manager des collaborateurs plus âgés qu’eux. Bien négociée, cette mixité générationnelle est source de valeur ajoutée pour l’équipe et l’entreprise.

Après une formation supérieure, il arrive parfois que des jeunes cadres soient amenés à diriger des personnes qui ont dix, vingt, voire trente ans d’expérience dans leur domaine. Comment éviter les pièges du management des collaborateurs plus âgés et, au contraire, transformer cette situation en atout ?

Le jeune manager doit être solide sur ses bases et être rassuré par son supérieur. Il ne doit pas céder au complexe de l’imposteur et se rappeler que s’il a été choisi à ce poste, c’est d’abord parce qu’il en a les capacités. Cette confiance en lui-même et en ses compétences lui permettra d’aborder, de façon sereine et constructive, la relation avec tous les membres de son équipe.

A fortiori avec des collaborateurs plus âgés, avec lesquels toute posture de petit chef est à anticiper et à exclure. Celle-ci conduirait à une rupture souvent irrémédiable. Ces sujets peuvent parfois être difficiles à aborder lors d’une prise de fonction, mais doivent pourtant faire l’objet d’un accompagnement spécifique.

Prendre ses fonctions efficacement

La période de prise de fonction est importante. Quels que soient, les enjeux opérationnels à court terme, le jeune manager doit commencer par connaître ses collaborateurs, leur pratique du métier, leurs rythmes de travail, leurs motivations et leurs attentes par rapport à l’entreprise. Au moment de la prise de fonction, il faut éviter certaines idées reçues : un salarié senior est moins performant sur les nouvelles technologies, les plus anciens sont plus rigides et moins ouverts au changement… Souvent, les préjugés ont la vie dure et ne favorisent pas une prise de fonction objective et efficace des profils de jeunes cadres. En effet, les geeks ne se retrouvent pas que dans la génération Y, loin s’en faut !

De manière générale, beaucoup de choses reposent sur la capacité du manager à donner du sens aux différentes missions. Il doit maintenir l’intérêt et la motivation de chacun et veiller à ce que toute son équipe ait les moyens de remplir ses missions. Cela peut passer par la formation, mais aussi la coopération entre générations au sein de l’équipe ou de différents services, notamment via le tutorat.

Cette première phase demande du temps, quelques mois au minimum, et de la persévérance. Cependant, elle est toujours payante, car elle permet d’adapter l’organisation et d’assurer une vraie cohésion d’équipe.

Éviter le piège de la relation « parent-enfant »

Le manager ne doit pas faire preuve d’une déférence absolue vis-à-vis de ses collaborateurs plus âgés. Il risquerait de tomber dans le piège d’un rapport parent-enfant qui brouillerait les cartes, plus encore si son équipe compte aussi des collaborateurs plus jeunes que lui. Chacun doit se sentir écouté et respecté de la même manière et c’est un équilibre parfois difficile à trouver. Le jeune manager doit trancher les éventuels conflits en s’appuyant sur les pratiques de l’entreprise, en essayant de s’affranchir des questions d’âge et d’ancienneté.

Lorsqu’il bouleverse les organisations établies, il convient de prendre tout le temps d’en expliquer l’intérêt. Comme tout manager, il est toujours préférable de convaincre plutôt que d’imposer. Avec les jeunes profils, plus qu’avec les profils plus expérimentés, les changements qui n’obtiennent pas l’adhésion des équipes peuvent être perçus comme de « nouvelles lubies ».

Valoriser les compétences des seniors

Bien entendu, le manager s’efforcera d’entretenir et de valoriser les compétences des collaborateurs les plus expérimentés. Comme dans cette entreprise pétrochimique où un cadre a rappelé un « ancien » pour localiser une panne que les plus jeunes collaborateurs n’arrivaient pas à localiser malgré leurs équipements perfectionnés.

Par la transmission des savoirs, le maintien de l’intérêt au travail, l’humilité et le renforcement de la cohésion au sein des équipes, un jeune manager accompagné de profils seniors peut être un facteur de croissance décisif pour l’entreprise et tous ses salariés.

 

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