Petit stagiaire deviendra grand collaborateur

On l’a parfois cantonné au rôle d’expert en photocopieuse ou en machine à café. Pourtant, le stagiaire a souvent bien d’autres cordes à son arc. Renfort efficace s’il est bien coaché, il apporte aussi un regard neuf et un souffle d’air frais dans les bureaux. Dans certains cas, il peut même être recruté pour devenir un futur collaborateur et assurer l’avenir de l’entreprise.

Recruter la perle rare

Pour une PME, pas facile d’attirer les meilleurs candidats et de lutter face à la concurrence des grandes entreprises qui reçoivent des milliers de candidatures spontanées.

Première démarche pour attirer  le bon candidat : augmenter sa visibilité, notamment auprès des étudiants des grandes écoles ou de certaines universités. L’idéal est de participer à des conférences, des débats, ou pourquoi pas devenir membre du jury d’un concours … Une nouvelle tendance tend aussi à se développer : le « speed meeting » organisé lors des rencontres entreprises-étudiants, qui favorisent les interactions locales. Restent bien sûr les solutions plus conventionnelles, comme les petites annonces. Vous pouvez déposer des offres de stage sur les sites web des écoles par exemple. Dans ce cas, veillez à bien détailler la mission, à la valoriser et surtout à vous démarquer. Une annonce un peu atypique a plus de chances de faire mouche.

Mais quelle que soit la technique d’approche utilisée, un dirigeant de PME aura toujours des arguments de poids, notamment face aux grands groupes.  Diversification des tâches, autonomie, responsabilisation, proximité géographique … n’hésitez pas à mettre en avant les atouts de votre entreprise.

Une fois le contact établi avec le candidat, reste l’étape cruciale de l’entretien. Un rendez-vous à ne pas prendre à la légère. Comme pour tout salarié de l’entreprise, il est préférable de faire le bon choix et de ne pas se tromper de profil. Assurez-vous que le futur stagiaire a bien compris les missions qui lui seront confiées et que celles-ci l’intéressent ! Vous pouvez également le tester, pour juger son aisance au téléphone par exemple, ou ses aptitudes rédactionnelles.

stagiaireStagiaire : un collaborateur à part entière

Condition sine qua non de la réussite de ce partenariat : l’intégration.

Tout se joue le premier jour, lorsque le nouveau stagiaire franchit la porte de la société. Bien sûr, vous aurez préalablement pris soin d’informer et de préparer les autres collaborateurs avant son arrivée. Chacun peut ainsi l’accueillir comme un membre de l’équipe à part entière. Faites une visite guidée des locaux avec lui et profitez-en pour le présenter dans les différents services. N’oubliez pas de nommer un responsable de stage chargé de l’encadrer et de le guider dans l’entreprise (si ce n’est pas vous). Le rôle de ce « tuteur », volontaire de préférence, sera essentiel pendant ces quelques mois. C’est lui en effet, qui informe la nouvelle recrue des règles et des codes de l’entreprise, qui lui transmet les informations nécessaires et surtout, qui le suivra au quotidien jusqu’à la fin de son stage.

Pas question de le laisser se perdre dans la jungle du monde du travail !

Là encore, tout est une question d’équilibre. Il faut trouver la juste mesure entre assistance et autonomie. Le stagiaire n’a pas la science infuse et il progressera plus rapidement si on répond à ses questions et que l’on partage son savoir en se rendant disponible. Bien sûr, il ne s’agit pas non plus d’être constamment sur son dos. Si on lui laisse une part d’autonomie au contraire et que l’on lui confie certaines responsabilités, il prendra confiance et sera plus enclin à donner le meilleur de lui-même.

D’où la nécessité de lui confier rapidement des missions ou des tâches précises… qui ne se cantonnent pas au bon usage de la photocopieuse ! Pour le motiver, sachez lui donner des objectifs clairement définis, sans pour autant le lancer dans des projets à trop long terme dont il risquerait de ne pas voir l’aboutissement. Pensez également à planifier régulièrement des réunions afin de faire le point. Enfin, n’oubliez pas de le mentionner et de valoriser son travail, surtout s’il a participé à la réussite d’une mission.

Bref, si toutes les (bonnes) conditions sont réunies, le petit nouveau deviendra vite un assistant de premier choix, qui n’aura qu’un objectif : mettre toute sa motivation et ses compétences au service de l’entreprise.

Tout travail mérite salaire

Autre facteur de motivation et non des moindres : la rémunération.

Au-delà de l’aspect légal, une gratification adaptée au profil et au niveau de formation du stagiaire permet de valoriser le travail effectué. Le jeune qui reçoit un salaire à la fin du mois se sent réellement intégré à l’entreprise, au même titre que n’importe quel employé.

Certes, la formation d’un stagiaire nécessite du temps et de l’argent. Mais il y a généralement retour sur investissement. Bien encadré et mis en confiance, le petit nouveau timide et maladroit à peine sorti de l’école peut se muer en un collaborateur efficace, réactif et enthousiaste. Une expérience dont chacun peut largement sortir gagnant !

Encadrement des stages : la loi évolue

La nouvelle loi sur les stages est entrée en application depuis le 1er décembre dernier. Les principales mesures sont destinées avant tout à mieux définir les droits des 1, 6 millions de postulants chaque année :

  • Augmentation de la gratification obligatoire pour les stages de plus de deux mois, qui passe à 479, 50 € par mois (puis 523 € en septembre 2015).
  • Droit à l’obtention des tickets restaurants (si les autres salariés en bénéficient)
  • Remboursement des frais de transport
  • Encadrement du temps de présence (35 ou 39 heures par semaine)
  • Désignation d’un enseignant-référent et d’un tuteur dans l’entreprise
  • Limitation de la durée des stages à 6 mois …
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1 commentaire
  1. Dans mon entreprise, lorsque j’étais en activité, nous managions les stagiaires comme celà est mentionné dans votre article. Celà remonte de plus, à quelques années.
    Toutes vos mesures étaient effectives. Une partie des stagiaires s’est retrouvée embauchée et est devenue des collaborateurs. Avec le recul, je suis satisfait que nous ayons agi de la sorte. Je pense avoir été un bon encadrant et que les stagiaires ont été intégrés dans un climat professionnel et valorisant.
    Bref, celà est le résultat du triptyque enseignant référant, tuteur et stagiaire motivé.

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