PayPlug : la start-up de paiement en ligne concurrence les géants américains

Peut-être avez-vous déjà utilisé PayPlug sans le savoir… Lancée en 2012, la start-up française développe des solutions de paiement en ligne destinées aux commerçants. Elle compte déjà 20 000 clients, plusieurs centaines de milliers de transactions enregistrées et a obtenu 1,75 millions d’euros de la Commission européenne pour concurrencer les géants américains du secteur, comme l’explique Camille Tyan, son cofondateur.

Entretien avec...

Camille Tyran

Co-founder & CEO at PayPlug

Qui se cache derrière PayPlug et quelle est votre cœur de métier ?

A l’origine deux entrepreneurs, Antoine Grimaud et moi-même, Camille Tyan  tous deux ingénieurs de formation, diplômés d’Harvard. Antoine est davantage orienté finance alors que je suis spécialiste du web, ancien de Google. Notre cœur de métier consiste à fournir des solutions de paiement en ligne destinées aux commerçants. Nous développons également des outils de détection de fraude sur Internet.

Racontez-nous votre progression depuis 2012 ?

Nous avons démarré suite à une première levée de fonds d’amorçage d’un peu moins de 500 000 euros. S’en est suivie une seconde levée de 900 000 euros en 2014. Nous avons également remporté une subvention européenne de 1,75 millions d’euros début 2015, suite à un appel à projets de la Commission européenne. Cela nous permet de développer nos outils de paiement en ligne, notre plateforme sécurisée et l’infrastructure technique.

Si nous sommes aujourd’hui installés au village du Crédit Agricole, qui regroupe une cinquantaine de start-ups, notre premier bureau n’avait pas de fenêtre et nous avions à peine de quoi mettre une table (rire).

Comment avez-vous fait pour obtenir cette subvention ?

Nous avons la compréhension de la « culture » des e-commerçants européens face au risque de fraude. Certaines entreprises de paiement en ligne américaines sont présentes en Europe, comme Stripe et Braintree, mais elles ne se positionnent pas du tout sur la réduction des pertes liées à la fraude. Avec cette subvention, la Commission européenne a compris le positionnement différenciant de la solution PayPlug.

equipe-payplugQui composent votre équipe ?

Le « PayPlug Labs » est composée d’une équipe de 12 ingénieurs, data scientists et responsables de produit. Nous avons également sept personnes dans les fonctions gestion des risques, marketing et service clientèle.

De quelle manière abordez-vous le management ?

Le MBA que nous avons suivi à Harvard a mis l’accent sur l’aspect humain du développement de l’entreprise. Résultat, dès le début nous avons mis en place des process de recrutement dans lequel nous étions vigilants sur les « soft skills », afin de favoriser la cohésion d’équipe et les processus de décision. Aujourd’hui, les collaborateurs sont très autonomes et impliqués dans le projet. A vingt, la communication est moins fluide qu’à cinq, nous avons donc des responsables de groupe informatique, marketing, etc.

Comment se traduit la culture américaine dans votre développement ?

Dès le démarrage, il était important d’inculquer la notion de confiance. Autour de la table, chacun à son mot à dire.

Les plus juniors attendent généralement qu’on leur dise quoi faire. Chez PayPlug, à n’importe quel moment nous exigeons des collaborateurs qu’ils expriment leurs opinions. Les plus jeunes peuvent souvent avoir une idée ingénieuse pour débloquer une situation. Nous profitons aujourd’hui de cette intelligence collective.

De quelle manière vous y prenez-vous pour attirer les candidats ?

D’une part grâce à deux plateformes de recrutement qui mettent en avant des développeurs. Nous faisons parfois appel à un cabinet de recrutement pour les plus expérimentés. Enfin, notre office manager a plusieurs casquettes, dont celle de RH. Elle cherche des profils sur LinkedIn par exemple. Ce que nous souhaitons avant tout, c’est avoir des CV de personnes qui désirent travailler dans une start-up. Il faut donc être présent là où cherchent ces candidats.

Comment susciter l’intérêt, les mettre en confiance et les fidéliser autour du projet ?

Les technologies que nous utilisons – Python, Flask, AngularJs, PostgreSQL, Salt, AWS – sont prisées par la communauté des développeurs. Or, ces derniers cherchent leur emploi en observant d’abord le contexte technique et la qualité de l’équipe en place.

Il y a aussi la structure en elle-même. Avec toute cette mouvance entrepreneuriale, nombreux sont ceux à viser l’autonomie et l’écoute en entreprise. Un management dicté de haut en bas ne fera pas une meilleure entreprise car en réalité, la majorité des idées viennent des équipes. Le rôle des fondateurs est ensuite de distinguer celles qui permettront de réaliser la stratégie d’entreprise.

Quels conseils auriez-vous pour ceux qui souhaitent se lancer ?

Ne pas trop réfléchir au début. Il faut avancer et mettre un produit entre les mains de ceux qui sont voués à l’utiliser pour mieux cibler et avancer. Le marché va évoluer et certainement les personnes recrutées. Egalement de ne pas trop attendre avant de recruter un office manager. Les fondateurs doivent être concentrés sur le développement de l’activité, des produits, etc. Fiches de paie, congés, absences, animation… A partir de 10 personnes, c’est donc important de confier ces tâches afin de se structurer en interne pour être meilleur en externe !

Mots clés associés
Partagez cet article

Envie de commenter cet article ?

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Vérification de sécurité *

Haut de page

Inscrivez-vous à la newsletter Mag’RH ! et recevez toute l’actualité RH par email.

Loi Informatique et Libertés Ne plus afficher