Payname : la banque collaborative de demain ?

Pionnier du cobanking, alternative aux banques traditionnelles visant à faciliter les transactions d’argent entre particuliers, Payname envisage de révolutionner le monde des services financiers. La start-up vient de lever 5 millions d’euros pour surfer sur le dynamisme de l’économie collaborative. Son fondateur, Eric Charpentier, revient sur les tenants et les aboutissants de cette success story « made in Toulouse », qui compte déjà plus de 30 000 utilisateurs.

Entretien avec...

Eric Charpentier

Fondateur de Payname

Comment est née Payname et en quoi diffère-t-elle d’une banque classique ?

Nombre de plateformes de tiers de confiance entre particuliers ont émergé sur le web : Airbnb, Leboncoin, Blablacar… Cependant, il manquait toujours la brique de paiement afin de faciliter les transactions entre ces particuliers au début de l’ère de l’économie collaborative.

L’idée m’est donc venue de créer une banque autour des services à la personne. Collecter les participations à une cagnotte en ligne, faciliter les transactions entre locataires, acheter en toute sécurité sur les sites d’annonces, financer des projets avec l’appui des cobanqueurs…

« Payname est un modèle plus collaboratif par rapport aux banques d’aujourd’hui. Notre solution dépasse aussi la simple transaction bancaire en offrant des avantages sur les paiements. »

Quelles ont été les étapes fondatrices ?

En 2013, j’ai d’abord passé une année à imaginer Payname. J’ai effectué une première levée de fonds de 300 000 euros auprès de Denys Chalumeau, fondateur de Seloger.com et d’autres investisseurs.

En juin 2014, j’ai effectué un deuxième tour et obtenu le même montant, en partie grâce au crowdfunding, ce qui a permis de lancer l’équipe. Nous avons passé six mois à effectuer du marketing, du développement et du conseil en utilisation autour de notre produit.

Tout a basculé cet été avec la levée de 5 millions d’euros auprès de la MAIF et du groupe de presse la Dépêche du Midi qui nous a permis de passer de cinq collaborateurs fin 2014 à 30 aujourd’hui. Nous avons obtenu en même temps l’agrément bancaire d’établissement de paiement.

Comment gérez-vous cette croissance rapide ?

Nous avons choisi d’aller chercher l’agrément, ce qui signifie avoir une équipe technique renforcée notamment sur les fonctions réglementaires type contrôle interne, direction financière… Cela représente des surcoûts par rapport aux start-ups numériques habituelles. Le projet est compliqué à mettre en place, mais nous savons comment y arriver. C’est donc plus facile pour chacun d’identifier ses missions et d’en être responsable. Nous fonctionnons de manière très horizontale depuis le départ et c’est encore le cas à 30 aujourd’hui. D’ici fin 2016, nous pensons être 50.

Quels profils recherchez-vous ?

Des développeurs, des professionnels de la sécurité informatique, du marketing, de la relation client et des juristes. En mai 2016, nous allons nous installer dans un nouveau bâtiment à 30 kilomètres de Toulouse pour pouvoir accueillir ces collaborateurs. J’avais ce projet de Campus en tête depuis longtemps. En échangeant avec les premiers recrutés, nous nous sommes dit que ce Campus serait génial car différenciant de ce qui se fait d’ordinaire par ici.

C’est une manière d’attirer les candidats et de les fidéliser autour du projet ?

« Avec la génération Z, il en faut toujours plus. Ils viennent pour un job, mais aussi et surtout pour un projet qui doit les motiver, les amener le plus loin possible. »

Le travail au Campus va être très agréable avec toute une série de services comme une cuisine, une salle de sport, un potager partagé…. Pour autant, monter simplement un projet immobilier ne m’intéressait pas. Ici, toute l’équipe participe, les habitants des alentours aussi, tout comme les élus locaux. La mairie construit une piste cyclable du village avoisinant jusqu’au Campus.

Nous en sommes à réfléchir à la manière de co-animer un café, une épicerie et un lieu événementiel et donc à l’impact de Payname sur le territoire.

Comment recrutez-vous vos collaborateurs ?

Nous tenons à nos valeurs d’authenticité, de simplicité et d’humilité avec lesquelles nous souhaitons monter un projet ambitieux. Les annonces ne sont pas formatées, d’ailleurs il y en a rarement. Il s’agit plutôt de rencontres. Nous avons par exemple rencontré notre juriste lors d’un événement, idem pour l’un des développeurs qui travaillait dans l’automobile depuis 10 ans.

« Outre les compétences techniques nécessaires, nous privilégions l’adhésion au projet ainsi qu’une forte motivation à s’y impliquer. Le CV est donc un élément secondaire, que nous regardons après la personnalité et l’implication. »

Vous avez intégré un Happiness Officer dans votre équipe, quel est son rôle ?

Faire en sorte que notre identité et nos valeurs restent intactes et même de les formaliser davantage. Il est responsable du bonheur en entreprise, fait le lien avec l’environnement local et prépare l’arrivée des nouveaux. A cinq, c’est facile de communiquer et d’échanger sur ce que l’on fait. A 30, c’est plus compliqué. Nous voulons éviter le syndrome de la découverte du collègue à la machine à café.

Enfin, quels sont vos projets pour 2016 ?

Intégrer notre nouveau Campus et sortir la carte bancaire associée aux comptes des particuliers afin de devenir une banque en ligne complète qui permettra à la fois de domicilier son salaire, de faire prélever ses factures et de payer avec.

En savoir plus

Visitez www.payname.fr

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