Les seniors : des recrues en or

Malgré les mesures gouvernementales, l’embauche des seniors reste un point noir sur le tableau du marché de l’emploi. Il est vrai que les préjugés sont tenaces. On s’imagine souvent les plus de 45-50 ans peu productifs, attentistes et dépassés. Or, les dirigeants qui ont fait le pari des seniors sont unanimes et s’accordent à reconnaître les compétences de ces collaborateurs impliqués et fiables. Mieux, en apportant leur expérience aux plus jeunes, ils seraient un atout de taille pour l’avenir de l’entreprise.

Un senior coute t-il vraiment plus cher ?

C’est l’un des principaux freins à l’embauche des seniors. Il est vrai que l’expérience se paye et beaucoup d’employeurs rechignent à verser des salaires et des charges sociales plus élevés. Or, l’écart en coût direct avec le recrutement de profils plus jeunes n’est en réalité que de 8%. D’autre part, on se rend compte que ces collaborateurs expérimentés sont justement très vite opérationnels. Conséquence : un temps de formation réduit et donc un gain de temps et de productivité pour tout le monde. 

Les aides

Rappelons également que diverses aides à l’embauche des plus de 50 ans ont été mises en place ces dernières années. Un argument financier non négligeable pour les entreprises qui hésitent parfois à franchir le pas.

Lire l’article « Emploi des seniors : des mesures pour ne plus battre en retraite ! »

Senior : la force de l’expérience … et bien plus encore

L’expérience est bien entendu l’atout majeur d’un senior. Selon certains psychologues du travail, il faut 10 ans pour devenir un expert dans son domaine. Autant dire qu’un salarié de plus de 50 ans a des compétences à revendre ! Mais ses qualités ne se limitent pas au savoir-faire et à l’apport purement technique. Les employeurs qui ont misé sur l’expertise senior évoquent souvent leur stabilité et leur fidélité à l’entreprise. Contrairement à leurs cadets, ils pratiquent peu le turn over, ce qui favorise une montée progressive en compétences. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils n’aspirent qu’au confort et à la sécurité, au contraire. Selon une majorité de managers :

Les seniors sont souvent très motivés et prêts à s’investir, surtout lorsqu’ils sont embauchés après une période de chômage. D’ailleurs, ils ont longuement élaboré leur projet avant de se lancer dans la bataille de l’emploi. Une réelle maturité dans les choix professionnels que l’on retrouve lors des entretiens d’embauche. 

Récemment embauchés, ils s’intègrent généralement bien dans une nouvelle équipe car ils ne sont pas perçus comme des concurrents potentiels ou des tacticiens plus préoccupés par leur carrière dans l’entreprise que par les projets communs. 

Autre atout des seniors, surtout lorsqu’ils sont en fin de carrière : la souplesse du temps de travail. Beaucoup de PME ont en effet des difficultés à recruter des collaborateurs disponibles à temps partiel ou pour des missions ponctuelles. Alors, pourquoi ne pas puiser dans ce vivier de candidats proches de la retraite, qui souhaitent travailler ponctuellement et sont disponibles rapidement ? 

Senior : le passage de relais

experienceContrairement à certaines idées reçues, les seniors jouent un rôle clé pour l’avenir de l’entreprise. Car, qui mieux qu’un collaborateur expérimenté peut passer le flambeau, former efficacement les nouvelles recrues et contribuer à la cohésion des équipes ? 

La coopération entre générations est indispensable pour transmettre les savoirs et la culture de l’entreprise et donc garantir un certain niveau de compétences. Le dirigeant d’une entreprise de sous-traitance en électronique ne s’y est pas trompé :

« Les générations sont complémentaires. Les seniors apportent leur expérience de l’industrie et de la conduite de projet, les jeunes leur connaissance de nouvelles formules de calcul », explique t-il. 

Alors, emploi des jeunes et des seniors : même combat ?

On a longtemps cru qu’il fallait sacrifier les seconds pour pouvoir insérer les premiers. Idée fausse, si l’on en croit les statistiques. En Suède par exemple, où le chômage est relativement faible, le taux d’emploi des seniors est de 70% et dépasse 40% pour les moins de 25 ans. Ces chiffres démontrent bien que le mix générationnel est un avantage pour tout le monde ! 

L’emploi des seniors est parfois même lié à la survie de l’entreprise. Selon une étude de la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), presque 20% des dirigeants estiment qu’ils pourraient être confrontés à la disparition de certaines compétences clés détenus par les seniors dans les années à venir. Pour les employeurs interrogés :

« Le maintien dans l’emploi des seniors constitue, non seulement un avantage, mais aussi une réelle nécessité dans certains secteurs, afin d’éviter une perte de compétences préjudiciable à la compétitivité de l’entreprise ». 

Et pourquoi ne pas suivre l’exemple japonais, qui a mis en place un système d’emploi continu, avec la possibilité de réemployer un collaborateur jusqu’à 65 ans, avec de nouveaux contrats adaptés ? Dans certaines cultures l’âge n’est pas un handicap. C’est au contraire une chance.

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19 commentaires
  1. Etudiants, Alternance, jeunes, patrons, capitaines, Seniors….Incohérence parfaite d’évaluation des uns par rapport aux autres car l’expérience et le savoir sont les seuls paramètres à transmettre aux plus jeunes, diplômés ou pas… Par ailleurs, s’il n’y a pas de jeunesse à imprégner…..

  2. Un article supplémentaire sur le bien fondé des seniors en exercice en entreprise ou simplement participant à la vie économique.
    Personnellement je pense qu’il faut déplacer la problématique, pour la situer à un niveau culturel, ajouté au fait que baisser l’âge de la retraite et diminuer le nbr d’heure hebdomadaire à poussé à une stricte observance de la production et ses effets pervers.Par conséquent le sénior doit se battre pour retrouver du travail quelquefois même en diminuant de plus de 50% son salaire, c’est le prix à payer. Pas d’angélisme.

  3. Très bon article, mais la photo est déplorable : prise de trop près, la grande bouche avec de grandes dents me déplaisent ! Tous les seniors n’affichent pas cet air « arrogant » ! Changez-la!
    Je ne m’habille pas en rose ou autres couleurs « pin pon » pour faire jeune!
    Modifiez les clichés relatifs aux seniors et à leurs vêtements …

    1. c’est drôle, car votre commentaire est typiquement le cliché du senior arrogant qui semble tant vous déplaire.

    2. Bien en accord avec vous, il semble s’agir plutôt d’une personne retraitée, que d’un senior en recherche d’emploi, d’autant plus si l’on considère que l’on commence sa carrière de senior à 45 ans …

    3. Bien en accord avec vous Arlequin, il semble s’agir plutôt d’une personne retraitée, que d’un senior en recherche d’emploi, d’autant plus si l’on considère que l’on commence sa carrière de senior à 45 ans …

    4. Bonjour et merci d’avoir pris le temps de lire notre article. Nos photos ne sont pas sélectionnées pour illustrer fidèlement & systématiquement le propos. En fait, à chaque fois que cela est possible, nous essayons d’interpeller et susciter votre intérêt, pour varier les plaisirs et prendre le lecteur à contre pied. Il semblerait que ce soit chose faite ! Vous avez raison, nos personnages sont des retraités, mais c’est ce qu’évoque le terme « senior » en premier lieu, surtout pour les jeunes de 45 et plus, dans la fleur de l’âge …

  4. Il faut beaucoup communiquer sur ce sujet qu’est l’employabilité des seniors car ce sont souvent les seuls qui peuvent beaucoup donner à leur entreprise sans entrer dans la compétition pour les carrières ( la leur est faite). Il y a enfin une complémentarité emploi retraite tout a fait prometteuse dans le cadre des futures mesures qui seront probablement nécessaires.

    1. Ce qui m’interpelle dans ce commentaire c’est que l’on estime que la carrière d’un sénior est déjà faite et qu’il n’entre plus par conséquent en compétitivité avec les autres salariés … mais lorsqu’on considère que l’on est sénior à 45 ans voire 42 ans pour certains cabinets de recrutement…. il me semble qu’il reste à ces séniors précoces quelques 20 longues années à travailler….? Le temps d’une très très longue deuxième partie de carrière…. Pourquoi devraient-il se contenter d’un salaire inférieur à ce qu’ils valaient sur le marché du travail avant le seuil fatidique des 45 ans ? Concernant la complémentarité emploi/retraite, seuls certains séniors proches de l’âge de la retraite pourront éventuellement y prétendre. Le problème reste donc entier et les préjugés tenaces…. le temps que la prochaine génération de séniors arrive sur le marché de l’emploi….car si l’on s’en tient à une étude récente, en 2050, donc demain, un Français sur 2 aura plus de 50 ans….

  5. En effet!! De l’expérience, 45 ans de production et responsabilité dans la restauration hospitalière ; Oui: des compétences !! Non: Aux contextes sociaux professionnel du monde de l’entreprise ou tout devient aléatoire ou les « faisants-faire » ont pris le pas aux « besogneux » ..Fiabilité: L’absentéisme inconnu pendant toute cette période et surtout le désir de travailler ……..Aujourd’hui, moyen de se « nourrir » Hier ,la volonté que la » boite » tourne pour le mieux…..Un Monde entre les deux .

  6. Tant que les entreprises arréteront leur recrutement à 40 ans avec la complicité de la Drh rien n’avancera.
    Tout le monde le sait.
    D’autre part , pour appliquer des critères discriminants, les entreprises passent par les cabinets de recrutement auxquels elles imposent leurs critéres

    1. Ce qui console un peu, c’est que les DRH auront eux aussi un jour plus de 45 ans…..

  7. L’expérience permet de faire l’ équilibre avec la nouvelle génération.

  8. sur le papier effectivement un senior devrait être une mine d’or, d’un point de vue professionnel et perception de l’environnement. Je l’ai longtemps cru ; mais la vérité du terrain est bien différente hélas. Passé 55 ans, votre CV et cursus n’intéresse plus personne et n’est même plus lu, dixit certains cabinets de recrutement.

  9. Bonjour,
    Avec une experience internationale, j’ai intégré à 48 ans une école de commerce pour une cycle specialisé d’un an en formation continue. Je voulais mettre à jour mes compétences et prendre du recul par rapport à ma pratoque quotidienne dans la perspective de modifier mon domaine de competences.

    Dans ce contexte, j’ai eu l’opportunité de fréquenter des étudiants en formation initiale. J’ai pu alors avec regret faire le constat suivant:

    1- Les enseignants décrédibilisent la formation continue ainsi que les seniors qui osent franchir le pas et revenir sur les bancs pour perfectionner leur connaissance. Ils considèrent que ces Seniors sont des attardés ou mieux des gens incapables de faire des choix décisifs. Je rappelle qu’avant de rejoindre cette formation j’étais déjà titulaire de deux maitrises et de deux troisièmes cycles.

    2- Les étudiants en formation initiale montraient une aversion inimaginable à l’égard des seniors. Une de mes jeunes camarades de classe me dira d’ailleurs que les Seniors en formation continue refusent de vieillir. Ceci m’a permis de réaliser que la culture francaise était profondément marquée par le  » GAP » générationnel. En Angleterre par exemple, le lien entre les seniors et les juniors est plus probant à l’intérieur des entreprises car en effet la moindre discrimination est sévèrement sanctionnée.

    Lorsque les hommes politiques en France souhaitent rallonger l’age de la retraite pour des raisons budgetaires ont -ils pensé à convaincre les entreprises opérant en France à modifier leur comportement discriminatoire à l’égard des Seniors ?

    En attendant, à 50 ans, je suis retourné à l’international car j’y suis considéré pour mes compétences et j’en ai profité pour être à nouveau papa.

    Senior vous avez dit senior ?

    1. Pourrais-t’on s’aventurer à dire que vous êtes tombé sur un mauvais organisme de formation, avec un mauvais formateur, dans une mauvaise classe avec des élèves irrespectueux ? Oui c’est possible ?! Quoiqu’il en soit, vous avez raison. Il y a un vrai travail de fond pour faire évoluer les mentalités. Le Mag’RH tente d’y contribuer en abordant des sujets tels que celui des seniors pour ouvrir le débat et permettre d’avoir des éléments de réponse, dont des témoignages de patrons qui confirment s’inscrire dans cette démarche intelligente. Dans le groupe Randstad, des collaborateurs (trices) basculant au statut de senior en même temps qu’ils devenaient jeunes parents ont été embauchés… Tout est possible ! C’est une question de choix du dirigeant.

  10. Technico-commercial et à bientôt 53 ans, je n’ai jamais été aussi performant de ma carrière. Serein, posé et à l’écoute, je prospecte et négocie avec recul et détermination.
    +20 % en 2014 et en 2015 !
    Et lorsqu’on me parle de mes cheveux poivre & sel, je répond avec fierté et malice que c’est la sagesse qui saupoudre ses vertus.
    Le TOUT a besoin du multiple.
    Bonne Année à toutes & à tous.
    Bien Cordialement.
    Hervé

  11. La tendance est même pire que cela !! on se débarrasse des seniors lorsqu’ils ont fait le sale boulot !! Projets – transferts – démarrages – on recherche un senior , il y en a et n’a que l’embarras du choix . On lui confie une mission et le gars s’investit à fond , dans l’espoir qu’on le maintient et qu’il deviendra celui qui passe le relais à un jeune. A la fin de la mission, une fois que tout est en place et que le rodage a démarré , très vite l’aspect financier prend le dessus et on se dit qu’on pourrait economiser sur la masse salariale en remplaçant le senior par un junior . le gestion du service n’étant plus que formalité ou du moins on le croit.
    Pression, dénigrements, tous les moyens sont permis , jusqu’au moment de passer à l’action et de se débarrasser de l’objet encombrant !!
    Avec les outils mis à la disposition du patronat , ces 2 dernières décennies; pas de problèmes.
    Et vous revoilà à la case départ !! je l’ai vécu 3 fois …. et chaque fois je me suis juré qu’on ne m’y prendrait plus …
    Faut croire que je suis sado -maso ……c’est la mentalité des seniors..on ne réfléchit pas …on bosse ..on s’investit …et on se dit qu’il n’y a que le travail qui paie..et hop c’est reparti pour un tour !!
    A 57 ans …je ne trouve pas vieux et je fais un plan de carrière !! 10 ans , il y a de quoi faire dans une entreprise et on a de quoi transmettre !!
    Alors …pourquoi s’en priver !!

  12. Les séniors déjà retraités en cdi à temps partiel .
    Que l’on nous prenne des cotisations sur notre salaire, alors que nous n’en profiterons jamais puisque nos retraites sont déjà évaluées à vie , est un fait
    à peine normal quoique si ça devait soi -disant servir au renflouement des caisses et servir pour nos jeunes dans le futur , personnellement je serais d’accord .
    Mais ou le bas blesse énormément , c’est par la suite, » d’être imposés plein pot  »
    sur ces salaires . Nos dirigeants sont ils incapables pour ne pas s’apercevoir de cette aberration ? alors dans ce cas , ma confiance et surtout le respect que normalement je leurs devrais va s’émousser aussi plein pot !

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