L’entreprise : un vrai bouillon de cultures !

Vous allez accueillir un stagiaire sénégalais, rencontrer un futur client chinois, ou recruter un expert américain ? L’intégration de collaborateurs issus de cultures différentes ne va pas toujours de soi. Pourtant, la gestion de la diversité est devenue l’un des grands défis des entreprises, et la plupart l’ont parfaitement intégrée dans leur politique de ressources humaines. Alors, comment dépasser les idées reçues pour faire de ce multiculturalisme un formidable facteur d’enrichissements ?

Créativité et performance

Les études sont unanimes : le mélange des cultures au sein de l’entreprise est un puissant stimulant et créé une vraie valeur ajoutée.

Les équipes interculturelles ont un fort potentiel de créativité et d’innovation, tant en matière de stratégie que de développement. Elles ouvrent des pistes à des solutions novatrices, peuvent explorer d’autres opportunités et font preuve d’une plus grande souplesse et d’une meilleure capacité d’adaptation aux changements.

Dans cet environnement moins homogène, la diversité dynamise le travail et il est plus facile de confronter les points de vue et de voir les choses sous un autre éclairage. Une créativité qui s’avère également un excellent moteur de performance et de compétitivité.

Les pays anglo-saxons ne s’y sont pas trompés, premiers à avoir perçu le multiculturalisme comme une richesse, notamment dans le développement des marchés à l’international. La mondialisation des échanges oblige aujourd’hui l’entreprise à s’adapter à d’autres environnements culturels. Elle doit s’ouvrir à la diversité des marchés, des clients, des partenaires et concevoir d’autres modes de commercialisation des produits et des services. Ce métissage est un atout, dans la mesure où la clientèle devient elle-même extrêmement diversifiée. Une évidence pour les grands groupes, mais aussi pour les PME qui s’attaquent désormais à de nouveaux marchés. Et les success stories à l’étranger d’entreprises plus modestes en sont la preuve.

« Mon équipe est multicolore, mais je suis daltonien »

Pour paraphraser le titre d’un ouvrage d’Alain Samson, conférencier et formateur, l’intégration de collaborateurs de cultures différentes est un plus pour le manager. Mais, encore faut-il en comprendre tous les rouages. Le management multiculturel ne s’improvise pas, il requiert des compétences particulières, indispensables si l’on veut préserver l’harmonie et l’efficacité des équipes.

Première condition : avoir le souci de l’équité, pour faire en sorte que tous les membres aient les mêmes chances de progression. Bien sûr, les directives de 2000 ont imposé en France un cadre juridique strict concernant les discriminations relatives au sexe, à la religion ou à l’origine ethnique des salariés. Mais au-delà de l’obligation légale et des sanctions encourues, l’entreprise a tout intérêt à mettre en place une vraie politique de ressources humaines de gestion de la diversité, basée uniquement sur les compétences. Et elle doit se donner le temps d’adaptation nécessaire pour connaître et faire connaître les particularités de chacun.

Favoriser l’esprit d’équipe

Le rôle du manager est avant tout de faciliter la cohésion du groupe, et plus encore lorsqu’il se trouve face à des individualités issues de cultures différentes. Rien de tel que le travail en équipe pour apprendre à ses troupes à dépasser les stéréotypes et avancer vers un objectif commun. Sessions de teambuilding, formations (notamment les formations interculturelles adaptées aux expatriés), missions plus ou moins longues, symposiums… permettent d’intensifier les échanges et les rencontres. Réaliser un projet concret et original en mettant l’accent sur la confrontation des idées et les échanges d’expériences ne peut qu’aider à développer la reconnaissance mutuelle et les apports de chacun. On peut aussi favoriser le réseautage, à travers des activités sociales, en dehors du cadre formel du travail. Et pourquoi ne pas organiser un repas par exemple, ou fêter un événement propre à la culture de l’un des collaborateurs, afin de faciliter son intégration dans l’équipe. Toutes les démarches seront bénéfiques, dans la mesure où elles tendent à faciliter la coopération pour créer des synergies.

Amortir le « choc des cultures »

culturesLes préjugés et les stéréotypes sont les ennemis n°1 d’une équipe multiculturelle. L’une des principales missions du manager sera donc d’essayer de les éradiquer. Pas toujours facile en effet de passer outre, de respecter les sensibilités de chacun et d’éviter les impairs. Faire preuve de souplesse et d’ouverture d’esprit ne suffit pas toujours. Il faut aussi une réelle compréhension de la culture et des valeurs de l’autre. S’informer, discuter, accumuler des connaissances va bien au-delà de la simple curiosité. Cela permet d’aplanir d’éventuelles difficultés, d’arbitrer et de désamorcer certains conflits. Car il est évident que ces valeurs culturelles façonnent notre vision du travail.

La perception du temps par exemple est totalement différente d’un pays à l’autre. Si le petit « quart d’heure parisien » de retard est admis ici, il est absolument proscrit chez nos voisins d’Outre Rhin. De même, la gestion des horaires de travail ou des congés est soumise à des règles précises selon les pays. Et l’on retrouve ces discordances culturelles dans bien d’autres domaines, des relations avec les supérieurs hiérarchiques aux techniques de négociation, entre autres. Acquérir une bonne connaissance de ces « us et coutumes », des gestes et des mots qui fâchent, est aussi la clé pour éviter les malentendus et les mauvaises interprétations qui peuvent être sources de conflits ou de tensions. Savoir qu’il ne faut jamais pointer le doigt vers un asiatique, ou qu’il est bien vu de parler de la pluie et du beau temps avec des partenaires mexicains permet en effet de s’épargner des déconvenues !

S’appuyer sur la culture d’entreprise

A condition de bien préparer le terrain, l’entreprise peut donc devenir un excellent vecteur d’intégration pour des collaborateurs issus d’autres cultures. Elle établit un pont entre les valeurs d’ici et d’ailleurs, sert de médiateur et de référentiel partagé pour mieux surmonter les difficultés. S’appuyer sur la culture métier est certainement un plus pour le manager qui souhaite créer le cadre le plus favorable à l’intégration. Il aura ainsi à cœur d’expliquer au nouvel arrivant les règles de fonctionnement et les codes de l’entreprise, mais aussi de le renseigner sur les freins et les obstacles qu’il pourrait rencontrer pour mieux y faire face. Et ainsi lui donner toute sa place pour tirer le meilleur parti de ses différences et de ses compétences.

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