« Le succès de Giroptic est avant tout le fruit d’une succession d’erreurs »

Créé en 2008, Giroptic a d’abord tenté de fournir des solutions de prises de vue panoramiques pour les agents immobiliers avant de s’orienter vers le grand public en proposant une caméra capable de filmer à 360°. Une première levée de fonds de 1,4 million de dollars en 2014 puis une autre de 4,5 millions fin 2015 ont propulsé la start-up lilloise basée à EuraTechnologies dans une autre dimension comme l’explique son fondateur Richard Ollier.

Entretien avec...

Richard Ollier

Fondateur de Giroptic

Comment est née Giroptic et dans quel contexte ?

Giroptic, c’est la rencontre d’une petite dizaine de personnes il y a huit ans, dont le projet initial consistait à proposer des solutions de captations 360° aux agents immobiliers afin de les aider à réaliser des visites virtuelles. Ce public n’a pas répondu favorablement au produit, à l’inverse de la police ou du secteur touristique. Au fil des années, nous avons développé et breveté une technologie capable de fusionner en temps réel plusieurs fluxs d’images créant des contenus photos et vidéos à 360°. Puis nous avons intégré cette technologie dans un produit grand public : la 360cam.

Le succès de Giroptic est avant tout le fruit d’une succession d’erreur. Nous sommes partis d’un produit BtoB à 2 000 euros pour proposer finalement un produit BtoC à 500 euros.

Quelles ont été les différentes étapes de votre développement ?

Pendant près de six ans, nous avons travaillé sur notre produit en restant une dizaine. Nous nous sommes développés grâce à la 360cam qui, à travers une campagne de financement participatif sur la plateforme KickStarter, nous a permis de lever plus de 1,4 million de dollars en 2014. Soit notre budget sur trois ans. Cette campagne nous a permis de finaliser le développement du projet tout en nous confortant sur l’intérêt du grand public pour le produit.

cameraComment expliquer le succès de cette campagne KickStarter ?

Grâce à l’adéquation entre notre produit, le marché et un bon timing. Vous pouvez sortir n’importe quel bon produit trop tôt, il ne fonctionnera pas. Apple avait par exemple proposé une première tablette qui n’a pas marché avant de faire un carton. Aujourd’hui, nous consommons et diffusons du contenu photo et vidéo différemment. La vidéo 360° tant à supplanter le numérique et les photos cadrées, de la même manière que le numérique a pris le pas sur l’argentique.

Quelles ont été les étapes du développement au plan humain ?

Sur les 18 derniers mois, nous sommes passés à plus de 40. Nous avions besoin de combler des manques. Ressources en logistique, production, qualité, support, finance, distribution, commerciaux… Il nous fallait couvrir tous les champs car l’ensemble du développement se fait en interne. Nous sommes allés chercher des talents dans chaque domaine. A partir de maintenant, nous ajusterons chaque service selon les besoins.

Comment faire pour recruter les talents ?

Avec le temps et la campagne KickStarter, nous avons bénéficié de plus de notoriété. Il ne faut donc plus forcément convaincre, les professionnels sont motivés à l’idée de nous rejoindre. Nous sommes capables d’aller chercher des profils de haut niveau qui ne nous auraient pas regardés avant. Pour les postes plus sensibles, nous passons par des cabinets. Nous définissons les missions, la personne recherchée et ne dérogeons pas tant que nous n’avons pas trouvé le profil adéquat.

Vous avez adapté vos pratiques de management pour répondre à cette donne ?

Que l’on soit 10 ou 42, je me lève tous les matins avec la volonté que chacun s’éclate dans son travail. La crainte a toujours été de savoir comment faire pour que chacun se sente en confiance, bien intégré… Comment structurer sans casser la créativité, l’ambiance, sans perdre notre âme. Nous avons juste mis des méthodes en place, un cadre pour que tous rament dans le même sens. Nous avons instauré des réunions de groupe par exemple, car à 40 il faut que l’information circule. Ce cadrage n’empêche pas la flexibilité dans la réalisation des tâches.

Avez-vous rencontré des difficultés dans la structuration de l’équipe ?

Pour solutionner la question du management, nous avons intégré trois personnes de haut niveau. J’ai désormais un bras droit qui vient des Etats-Unis, le directeur général, qui prend en charge la partie exécution, distribution. Un collaborateur qui s’occupe de l’aspect produit interactif et gère une dizaine de personnes. Et enfin, un CFO qui va gérer la partie finance. Cela met de l’ordre dans l’organisation. Aujourd’hui, mon métier consiste à 50 % à savoir comment faire pour que le plateau soit homogène.

Quels sont vos prochains challenges ?

Le challenge de 2015 était de combler les manques pour bénéficier de toutes les compétences en interne. Nous avons réalisé une levée de fonds fin 2015 de 4,5 millions de dollars auprès notamment de Partech Ventures permettant d’asseoir la structuration de la société. Nous collaborons aussi avec le chanteur Aloe Blacc. En 2016, le challenge est de savoir comment devenir global, être présent partout. Nous avons désormais quatre personnes à San Francisco qui développent le projet pour accélérer la commercialisation.

Richard Ollier

Richard Ollier

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