Métiers en tension, dits « pénuriques » : Etienne Paris d’Expectra nous éclaire …

Etienne Paris, Directeur de Secteur Sud-Ouest chez Expectra, nous dresse un état des lieux concernant les cadres dans les métiers en tension aujourd’hui.

Point de vue de...

Etienne Paris

Directeur de Secteur Sud-Ouest chez Expectra

Mag’RH : Pouvez-vous faire un état des lieux concernant les cadres dans les métiers en tension aujourd’hui ?

Etienne Paris :

Je dirais qu’actuellement, il y a 3 ou 4 secteurs qui sont particulièrement touchés, avec des problématiques différentes.

Les métiers de la comptabilité par exemple souffrent d’une pyramide des âges un peu vieillissante. Il y a beaucoup de départs à la retraite et la nouvelle génération a du mal à trouver sa place. Les recruteurs demandent aujourd’hui des compétences multiples, linguistiques ou informatiques par exemple, et les candidats ne sont pas nécessairement formés pour cela.

Mag’RH : Qu’en est-il de l’informatique et des nouvelles technologies ?

Etienne Paris :

Il y a une vraie transformation numérique dans l’économie et malheureusement l’offre des compétences ne suit pas. Les formations ne sont pas adaptées et l’on doit faire face à une vraie pénurie. Le manque de diplômés sur ces métiers nous conduit souvent à prendre en charge nous-mêmes la formation.

Dans l’ingénierie, la problématique est différente. On a besoin de profils de plus en plus spécialisés. Or si les ingénieurs sont extrêmement bien formés en France, ces profils très recherchés ont tendance à quitter l’hexagone. C’est dans ce secteur, et notamment dans la recherche et le développement, qu’il faudrait s’attacher à endiguer la fuite des talents.

EP

Mag’RH : Y a-t-il d’autres secteurs particulièrement sensibles ?

Etienne Paris :

Certains profils très particuliers sont difficiles à recruter. Dans le secteur commercial et marketing par exemple, nous peinons à trouver des ingénieurs d’affaires en raison de la double compétence, commerciale et technique, que ce métier exige aujourd’hui. C’est le cas également en ce qui concerne la gestion de paie. Il n’existe pas de diplôme spécifique et les candidats n’ont pas toujours les compétences requises. Enfin, je terminerais ce tour d’horizon par une problématique plus locale. Ici, à Toulouse, Airbus n’a aucune difficulté à recruter. Mais, paradoxe, ce sont ses sous-traitants qui ne parviennent pas à attirer les bons candidats. C’est un peu David contre le Goliath de l’aéronautique !

Mag’RH : Quels conseils donneriez-vous pour recruter dans ces secteurs pénuriques ?

Etienne Paris :

Je recommande tout d’abord d’envisager des solutions d’écart. Si le profil recherché est introuvable, il faut savoir assouplir les critères de sélection. Il est parfois préférable de s’attacher à la motivation du candidat, à son savoir-être, plutôt qu’à son CV au sens strict. Ce type de démarche à l’anglo-saxonne peut donner d’excellents résultats.

D’autre part, je suis convaincu de l’utilité de l’apprentissage. Former les jeunes aux métiers de l’entreprise, au-delà du parcours académique, c’est la solution d’avenir. Il suffit d’observer le succès de cette formule en Allemagne où les étudiants se spécialisent très tôt pour s’en convaincre !

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