Eugène, la poubelle connectée qui réinvente le tri en un geste ludique

Pour faire face à la problématique du tri sélectif, Uzer développe Eugène, la première poubelle connectée. En associant design, praticité et technologie, la start-up créée en 2014 par Clément Castelli et Paul Alarcon entend bien répondre aux nouveaux enjeux d’une consommation moderne et responsable. Entretien.

Entretien avec...

Clément Castelli et Paul Alarcon, fondateurs d'Uzer

Comment est née Uzer ?

L’idée d’une poubelle connectée est partie d’un constat simple de la part de Clément : le tri n’est pas adapté à tous. Si lui est consciencieux, son entourage a du mal à passer le cap. Plusieurs raisons : manque de poubelles adaptées, d’informations sur les consignes de tri mais aussi d’incitations à passer à l’action. Ce qui nous a donné l’idée de révolutionner l’usage de la poubelle, objet du quotidien que l’on utilise plus d’une dizaine de fois par jour. Clément, qui a travaillé cinq ans dans le domaine des énergies renouvelables, avait la vision environnementale du produit et moi la brique consommation, ayant travaillé pendant quatre ans pour le Groupe Casino en marketing et développement commercial.

Concrètement, à quoi sert la poubelle Eugène au quotidien ?

Eugène est une poubelle pratique et technologique qui répond aux enjeux d’une consommation moderne et responsable. Elle est munie de deux compartiments, d’un lecteur de code-barres, d’un écran et est connectée en wifi. Il suffit de scanner le code-barres de l’emballage au moment de le jeter pour afficher directement la consigne de tri. Un geste simple qui permet de ne plus avoir de doute. La poubelle, reliée à une application mobile, informe sur votre impact environnemental, et  récompense via des offres et des bons d’achat personnalisés. Eugène enregistre tous les produits scannés et les envoie dans une application mobile. Chacun peut ainsi suivre et analyser sa consommation en toute simplicité (nutrition, labels, quantités consommées…) et créer sa liste de courses pour commander en quelques clics. Eugène réinvente le tri à domicile et transforme cette pratique contraignante en un geste simple et ludique.

Quelles ont été les différentes évolutions de votre start-up ?

eugene-poubelleNous avons démarré à deux début 2014. Nous avons d’abord testé l’idée pendant quelques mois auprès de distributeurs, consommateurs, industriels, pour vérifier la faisabilité du projet avant de créer la société. Nous avons ensuite réalisé une première levée de fonds, reçue en parallèle des subsides de la part de Région Île-de-France et de BPI, et intégré le Réseau Entreprendre Paris. Au total, nous avons réuni 300 000 euros pour financer et développer rapidement un premier projet. Nous avons travaillé dès le départ avec un bureau d’étude en mécanique et électronique ainsi qu’une agence digitale pour développer un prototype. Un projet hardware demande beaucoup de compétences, c’est pourquoi nous avons opté pour l’externalisation. Nous avions réalisé le cahier des charges, il s’agissait donc de piloter le développement.

mon-tri-iphones

 

Comment le management est abordé dans une petite structure comme la vôtre ?

Nous avons recruté la première personne il y a un an, un développeur qui est aujourd’hui notre CTO. Il prend en charge le développement de nos applications, le site… Puis un ingénieur produit quelques mois plus tard pour préparer l’industrialisation d’Eugène et travailler sur un nouveau produit. Congés, horaires, style vestimentaire… Nous sommes quatre aujourd’hui et forcément plus flexible qu’une grande entreprise. Nous essayons d’intégrer tout le monde dans les processus de décision. Une start-up c’est avant tout une équipe, il faut fédérer donc communiquer sur notre vision.

Comment susciter l’intérêt des candidats en tant que petite structure ?

Nous avons réalisé une campagne de prévente en mai 2016 sur KissKissBankBank. Au total, nous avons récolté 40 000 euros auprès de 250 contributeurs et avons bénéficié d’une belle couverture médiatique. Cela a accéléré les partenariats, la visibilité et la crédibilité du projet en montrant qu’il y avait un marché. Désormais, nous nous appuyons sur l’originalité du produit pour attirer. Nous étions très exigeants sur les profils recherchés et avions des moyens limités. Nous avons mis en avant le potentiel d’apprentissage, l’autonomie dans le travail, et le potentiel du projet. Nous considérons aussi nos premiers employés comme des cofondateurs à retardement, nous leur proposons donc un intéressement au capital, ce qui permet de les fidéliser.

Quelles sont les prochaines étapes pour Uzer ?

Le CES de Las Vegas en janvier prochain où toute l’équipe se rendra. Nous y présenterons aussi un nouveau produit ayant les mêmes fonctionnalités qu’Eugène mais désigné autrement. Nous sommes également en train d’effectuer une autre levée de fonds afin de renforcer l’équipe et recruter six collaborateurs en 2017. Principalement des profils techniques à l’instar de développeurs mobiles et web pour optimiser nos solutions existantes et en développer de nouvelles notamment dans le BtoB. La levée servira aussi à lancer Eugène mi 2017, en France puis rapidement à l’international.

 

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