Embaucher un salarié : combien ça coûte ?

L’arrivée d’un nouveau collaborateur contribue en principe à développer le chiffre d’affaires de l’entreprise. Mais encore faut-il savoir estimer le coût de cette embauche en tenant compte de tous les paramètres qui pèseront dans la balance. Entre salaires, charges, taxes et dépenses indirectes… comment faire le bon calcul et s’éviter ainsi les erreurs qui pourraient nuire au dynamisme de la société par la suite ?

Salaires et charges : les coûts incompressibles

Prenons tout d’abord en compte le salaire brut de la nouvelle recrue. Ce montant comporte le salaire net auquel on ajoute les cotisations salariales. Dans le cadre d’un contrat de droit privé, le salaire se négocie librement entre l’employeur et le futur collaborateur. Cela dit, la rémunération ne peut être inférieure au SMIC ou à celle dictée par la convention collective si elle est plus avantageuse.

Les charges patronales constituent l’autre « gros morceau » des dépenses de l’employeur. Elles sont calculées sur la base du salaire brut total du salarié. Il s’agit des cotisations de sécurité sociale versées à l’URSSAF, aux organismes de retraite et de prévoyance.

Autrement dit, elles comportent :

  • l’assurance maladie,
  • les allocations familiales,
  • l’assurance vieillesse,
  • l’accident du travail,
  • l’aide au logement,
  • la contribution solidarité.

On ajoute également les cotisations de :

  • l’assurance chômage,
  • des retraites complémentaires (Arrco, Agirc) et la formation professionnelle,
  • les taxes sur les salaires et les taxes d’apprentissage
  • la prise en charge de 50% des frais de transport

L’employeur joue donc un rôle de collecteur et reverse l’ensemble des cotisations salariales aux organismes sociaux.

En résumé

Si l’on fait un calcul rapide, on peut évaluer approximativement le coût d’un emploi sans aide à temps plein au SMIC à environ 20.000 € par an (salaire net + charges patronales + charges salariales).

cout-de-lembauche

Les « petits plus »

Un grand nombre d’entreprises prévoit également des indemnités ou des gratifications en fonction de la spécificité des missions ou de certaines contraintes imposées au salarié. Treizième mois ou primes de vacances sont en effet monnaie courante. De même, certains avantages comme les frais de restaurant ou de logement, s’ajoutent parfois au montant initial. Sans oublier l’intéressement et la participation, auxquels peuvent prétendre les salariés en fonction des accords de l’entreprise.

Dépenses annexes : à ne pas négliger

Lorsque le nouveau collaborateur va prendre ses fonctions, il va nécessairement utiliser certaines ressources. Ainsi, il va occuper des mètres carrés de locaux, utiliser du matériel et des équipements, téléphone, ordinateur, imprimante… , voire des outils pédagogiques, et parfois se déplacer. Ces coûts indirects sont évidemment très variables d’une entreprise à l’autre, mais il ne faut pas oublier de les intégrer lors des différents calculs concernant la prise de poste.

Toutes ces dépenses mises bout à bout, il est vrai que l’embauche d’un nouveau salarié coûte cher. Il est important de les prendre en compte avant de sauter le pas pour éviter de peser sur la rentabilité de l’activité. Heureusement, l’employeur peut également bénéficier de certaines aides, réductions ou exonérations de charges patronales, qui allègent l’addition ! (voir l’article sur les aides à l’embauche pour les PME).

Bon à savoir

Comment se calcule le salaire net ?

Le salaire net d’un collaborateur est égal au salaire brut qui comporte le salaire de base, les primes, les heures supplémentaires… moins les cotisations sociales salariales qui restent à la charge du salarié.

Quel est le taux moyen des charges salariales ?

Environ 22% du salaire brut

Exemple : Monsieur Dupont perçoit un salaire de 2.000 € brut : on calcule 22% de 2.000 €, soit 440 € de charges salariales. Son salaire net est donc de : 1.560 €

Quel est le taux moyen des charges patronales ?

Environ 42% du salaire brut (entre 40 et 45 %) (hors allégements et exonérations spécifiques). Ce taux varie en fonction du nombre de salariés et du niveau de rémunération.

Exemple : Monsieur Dupont reçoit un salaire de 2.000 € brut : on calcule environ 42% de 2.000 €, soit 840 € de charges patronales.

Quel sera le coût total de l’embauche de Monsieur Dupont dont le salaire est négocié à 2.000 € brut ?

Il faut calculer son salaire brut + les cotisations sociales patronales :

2.000 + 840 = 2.840 €/par mois

Attention : ces équations ne tiennent pas compte de certaines cotisations dont l’assiette repose sur la masse salariale ou des coûts indirects. Il s’agit d’estimations destinées à aider l’employeur à faire ses calculs.

Pour connaître les taux de cotisations du régime général de la Sécurité sociale, consultez le site de l’Urssaf et celui de l’Agirc/Arrco.

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1 commentaire
  1. Bonsoir, précis et très explicite. Merci

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