EasyFlyer peut devenir l’Amazon de l’imprimerie BtoB en ligne

D’une imprimerie sur Internet créée en 2010 à l’Amazon de l’imprime BtoB en ligne… voici ce que Fabien Prêtre souhaite désormais faire d’EasyFlyer. Avec 100% de croissance pendant 4 ans et un chiffre d’affaires de près de 10 millions d’euros en 2015, son concept fondé sur l’ultra-satisfaction client l’a amené à revendre sa start-up l’an dernier au groupe Cimpress, leader sur le marché. Zoom sur ce succès « Made in Orléans ».

Entretien avec...

Fabien Prêtre

CEO Easyflyer

Comment est née EasyFlyer, quelle est la singularité de votre projet ?

L’idée m’est venue assez simplement : j’ai créé une agence web en 2005 et mes clients me demandaient souvent des impressions en plus. J’ai donc cherché des imprimeurs sur Internet et cela se passait très mal à chaque fois : numéro surtaxé, renvoi des produits à vos frais, etc. Une vision de la satisfaction client aussi médiocre, ce n’était pas possible. Du coup, nous avons lancé EasyFlyer en 2009 avec trois associés.

Nous sous-traitions des demandes avec un principe : l’ultimate consumer satisfaction. A savoir : 100% satisfait ou remboursé, sans condition.

Comment la croissance a-t-elle été gérée au départ ?

En 2010, nous avons commencé à rencontrer les problèmes inhérents à une structure qui marche fort : serveurs qui explosent, problème avec la base de données… Nous avons réalisé un cahier des charges par le biais d’une prestation technologie réseau (PTR) offerte par la Région Centre. Il nous fallait 100 000 euros et nous n’avions pas cette somme. Nous avons essuyé énormément de refus de la part d’investisseurs, de Business Angels. Pour eux, l’imprimerie était trop traditionnelle. « Cela ne marchera pas », c’est la phrase répétée sans cesse aux créateurs de start-ups. Nous avons tout de même réussi une levée de fonds de 160 000 euros et neuf mois après, nous avons pu mettre en ligne la V2 du site. Nous avons arrêté la sous-traitance en 2011 et sommes devenus imprimeur.

Depuis septembre 2011, nous réalisons 100% de croissance chaque année et comptons aujourd’hui plus de 50 salariés.

Quelle est votre vision du management ?

Lorsque l’on démarre une activité, il faut forcément de la polyvalence. Chaque membre a un ou plusieurs rôles. Au départ, nous ne pouvions prétendre embaucher des spécialistes, cela coûtait trop cher. Dans ce cas, il faut savoir être malin. Nous avons compensé le manque technique comme l’automatisation par l’humain. Nous ne sommes pas organisés comme une entreprise classique avec d’un côté le patron et de l’autre les salariés. Je suis un fan de Pirate des Caraïbes et à l’image du film, il y a un capitaine comme Jack Sparrow, un peu foufou, qui a une boussole que personne ne comprend mais qui l’emmène vers le trésor. L’équipage a pleinement confiance. Je ne suis pas là pour diriger, mais donner le cap.

Fabien-Prêtre-EASYFLYER

Comment avez-vous réussi a susciter l’attractivité et fidéliser les candidats ?

Par défaut, l’idée est de faire confiance aux personnes. Je demande à chacun à son arrivée de lire le livre « L’entreprise du bonheur » de Zappos. Les nouveaux s’imprègnent ainsi de la culture de cette réussite entrepreneuriale. Mais la fidélisation, c’est aussi un état d’esprit. Nous offrons par exemple des petites choses comme la machine à café à volonté mais aussi, la mutuelle la plus complète possible pour chaque employé. Autre exemple, aujourd’hui dans notre open space, qui a la forme d’un plateau avec au bout une mezzanine qui s’apparente à un ponton, nous avons reproduit le bateau pirate de Jack Sparrow avec les écoutilles sur les côtés, la mer version Thaïlande au-dessus, une tête de mort géante… Un cadre à part.

Comment recrutez-vous vos collaborateurs ?

Cela diffère des entreprises classiques. Pendant des années, je faisais les entretiens. Ils pouvaient durer 30 secondes, une minute ou une heure, cela dépendait des personnes.

J’ai par exemple recruté quelqu’un autour d’une partie de baby-foot. Un autre, le responsable PAO actuel, en 30 minutes par hasard dans le couloir du bâtiment. Il s’occupe désormais du service entier.

Certains postes plus pointus requièrent des profils expérimentés mais je crois fermement que pour recruter, c’est avant tout une question de feeling. Chez nous, pas de tests de recrutement, ni plusieurs entretiens. L’idée est d’être le plus pragmatique possible. Nous insistons également beaucoup sur un point : vous ne rentrez pas dans une entreprise, mais vous participez à une aventure.

En avril dernier, vous avez annoncé la revente de votre start-up.

Nous nous sommes fait approcher par Vistaprint qui appartient au groupe Cimpress. En décembre 2014 on m’annonce que Robert Keane, fondateur du groupe voulait nous rencontrer. Se faire racheter était un objectif, nous avons donc accepté. Nous souhaitons devenir l’Amazon de l’imprimerie en ligne BtoB. Personnellement, aujourd’hui, rien n’a fondamentalement changé. La seule différence est que je dois désormais rendre des comptes en faisant du reporting.

Quels sont vos prochains challenges ?

Passer de 10 à 100 millions de chiffre d’affaires avec l’appui du numéro 1 mondial et de son back office, sans perdre notre ADN. A l’époque, on m’a pris pour un Martien quand j’annonçais 100% de croissance annuelle. Aujourd’hui je bénéficie d’un peu plus de crédibilité. Nous allons essayer de prouver que l’hyper croissance est possible.

Nous allons faire fi du French Bashing qui consiste à mettre des limites aux entreprises.

Regardez Zalando, tout le monde disait que leur expansion aller s’arrêter lorsqu’ils ont fait 500 millions de chiffre d’affaires. L’année suivante, ils réalisaient 1,1 milliard !

 

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