Digitsole : innovation continue avec la créativité des jeunes collaborateurs

A l’origine de la chaussure de foot la plus légère au monde en 1998, Karim Oumnia, créateur de chaussures ventilées, fondateur et dirigeant de Digitsole, a pour fonds de commerce l’innovation. Cet ingénieur de formation réinvente depuis de nombreuses années la chaussure et ses fonctionnalités. Au point désormais de la faire entrer dans l’ère du 2.0. Entretien.

Entretien avec...

Karim Oumnia

Fondateur et dirigeant de Digitsole

Comment et pourquoi vous est venue l’idée de Digitsole ?

Depuis de nombreuses années, mon ambition consiste à perfectionner les chaussures, car celles-ci sont confectionnées de la même manière depuis un demi-siècle. J’ai travaillé pour plusieurs marques et j’en ai créé certaines à l’instar de Baliston ou Glagla Shoes, les chaussures ventilées. J’ai travaillé pendant longtemps sur l’innovation en lien avec les matériaux puis, en 2011, le Bluetooth Low Energy est arrivé. J’ai de suite pensé qu’en embarquant de l’électronique dans la chaussure, nous pourrions transformer cette industrie.

Quels types de produits proposez-vous aujourd’hui ?

photo-run-profiler-2Notre produit phare est la semelle connectée chauffante : la Warm Serie. Cette semelle calcule votre activité : si vous avez froid aux pieds, vous pouvez choisir la température grâce à un thermostat intégré.

Elle convient aussi bien pour le ski, la marche, ou à ceux qui travaillent dans le bâtiment voire les personnes souffrant de diabète ou de problèmes de circulation veineuse. L’armée américaine nous en commande et nous la développons également pour Harley-Davidson. Nous l’avions présenté en 2015 au CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas, le plus grand salon de l’innovation au monde où elle a reçu un accueil plus que favorable.

Justement, vous avez fait sensation avec un autre produit : la Smart Shoe.

Début 2016 au CES de Las Vegas, nous avons en effet présenté la Smart Shoe. Cette chaussure bourrée de technologies s’ouvre et se referme par commande vocale, se relace elle-même… On peut également choisir la température à l’intérieur via son téléphone, compter les pas, la distance, elle indique comment vous marchez et si vous avez des problèmes de dos via une application… Si elle est bel et bien commercialisée, la Smart Shoe est davantage une sorte de « Concept Car ».

Comment avez-vous structuré votre start-up depuis son lancement ?

A partir de 2012, j’ai travaillé seul pendant trois ans à développer la première semelle. Chaque année, j’engageais un stagiaire pour m’aider à développer les prototypes. En 2014, lors du lancement, j’ai réalisé une première levée de fonds qui a permis l’embauche de collaborateurs. S’en est suivie une deuxième levée et nous sommes aujourd’hui 20 personnes. Le siège est à Nancy, nous avons aussi un bureau à Paris et un autre en Chine pour assurer le suivi de la production de nos partenaires sur place.

Avec quels profils/compétences l’avez-vous fait grandir ?

Avec des ingénieurs développeurs et des responsables commerciaux. Aujourd’hui, trois personnes assurent la partie commerciale pour gérer les différentes zones : Europe, Amérique et Asie. A côté, nous avons des ingénieurs en électronique pour la partie hardware, des ingénieurs en informatique pour la partie firmware et la programmation des cartes, ainsi que des ingénieurs chargés de développer des applications mobiles. Je me suis aussi entouré d’un responsable en biomécanique et d’un podologue, impératif vu notre secteur d’activité.

Comment le management est-il abordé par rapport à une entreprise classique ?

J’embauche de nombreux jeunes puisque je suis convaincu que dans l’industrie du numérique, il y a plus de places pour eux. Avant, les entreprises avaient besoin de collaborateurs expérimentés. Cette expérience est très utile dans certains métiers comme la finance par exemple, mais en matière de création, il faut des jeunes. Je leur dis de ne pas avoir de complexes, d’être culotté, créatif et de ne pas se limiter à ce qu’on leur demande de faire. Par ailleurs, j’essaie de mettre en place un système de management transversal pour que tous puissent contribuer. Je n’empêcherai pas un ingénieur d’avoir un regard sur le marketing et de participer aux réunions. Il faut de la créativité lors de l’intégralité du cycle du produit : de son idée à sa vente.

De quelle manière susciter l’attractivité et attirer les candidats ?

Nous avons la chance de profiter de beaucoup de publicité. D’autre part, le milieu de la basket attire. Pour tous ceux intéressés par les objets connectés, c’est un des meilleurs produits à réaliser. Malgré tout, le fait d’être basé à Nancy nous a obligé à ouvrir un bureau à Paris pour attirer les compétences. Ceux qui y travaillent font les allers-retours lorsque c’est nécessaire mais pour travailler ensemble, il n’est pas obligatoire d’être en permanence côte à côte. Si une compétence nous intéresse et que la personne souhaite rester à Paris, aucun problème ! Il faut avant tout qu’elle soit heureuse.

Quels sont vos projets pour la suite, vos futures innovations ?

Vous les découvrirez au prochain CES, notre rendez-vous annuel ! Nous venons de sortir des collections de chaussures avec différentes fonctions et des semelles pour le sport comme la Run Profiler. Celle-ci ouvre une nouvelle ère : le running 2.0 qui améliore la façon de courir de l’utilisateur grâce à l’application qui l’accompagne. L’innovation est notre fonds de commerce, nous continuerons dans cette direction.

sapplication

Propos recueillis par Benjamin Dusaussoy

 

 

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