Deliver.ee veut faire naître le réflexe de la livraison ultra rapide chez les consommateurs

Diminuer drastiquement le temps de livraison des commandes en zone urbaine, c’est la mission que s’est fixée Deliver.ee. Fondée fin 2013 par trois entrepreneurs, la start-up est déjà présente dans dix villes françaises. Michael Levy, CEO et fondateur, ex-directeur exécutif de Publicis, détaille l’éclosion de l’enseigne et la stratégie à venir pour continuer à grandir.

Entretien avec...

Michael Levy

CEO et fondateur de deliver.ee

Qu’est-ce qui a fait naître l’idée de Deliver.ee ?

En ville, dans 80 % des cas, les commandes sur Internet se trouvent dans un rayon de dix kilomètres du client. Ce n’est pas possible qu’à notre époque il faille attendre un voire plusieurs jours pour ne pas payer trop cher une livraison. Nous sommes partis de ce constat pour proposer un service de livraison urbain ultra rapide, de moins de 90 minutes. Qu’il s’agisse d’un caviste qui a besoin de livrer un Jéroboam de Champagne ou d’une marque de mode qui souhaite déposer une robe de couturier chez un particulier. Cela crée de nombreuses opportunités mais aussi de nouvelles contraintes.

De quelle manière avez-vous pu évaluer si votre idée était viable ?

Nous avons d’abord lancé un projet pilote avec la collaboration d’un responsable de magasin de vente de liquide de cigarette électronique à Paris. Nous avons demandé à un ami coursier de se prêter au jeu et, avec Sébastien, notre directeur informatique, nous avons créé un prototype de notre application mobile. Nous avons testé le service en octobre et novembre 2013. Puisque nous avions plusieurs commandes par jour, nous avons décidé de créer l’entreprise en décembre. Notre service était lancé à l’été 2014, le temps de construire notre réseau de coursier.

Concrètement, comment fonctionne Deliver.ee ?

Deliver.ee repose d’une part sur une technologie, un algorithme de mises en relation entre une commande et des coursiers. Ensuite, sur notre réseau de coursiers lui-même. Nous avons sélectionné, recruté et animé 1 000 coursiers jusque-là sur notre plateforme dans les dix plus grandes villes françaises. Le fait d’en agréger autant nous permet de disposer de tous les types de véhicules : vélo, scooter, moto, voiture, camionnette et camion. Ils nous offrent la garantie de toujours trouver un coursier disponible lors de nos horaires de livraison. Il s’agit de la plus grande flotte en France.

delivereeAujourd’hui, qui compose l’équipe et comment vous êtes-vous développé ?

Nous sommes sept à travailler : trois fondateurs, deux employés et deux stagiaires. Nous avons effectué une levée de fonds en octobre 2014 pour accélérer notre déploiement. Pour ce faire, nous nous sommes rapprochés d’un accélérateur de start-up, 50Partners. Des Business Angels issus du e-commerce et du web français nous ont également aidés. Au total, nous avons obtenu 500 000 euros.

Vous continuez à présenter votre start-up régulièrement pour obtenir d’autres soutiens ?

Investisseurs, partenaires commerciaux, institutionnels… Pitcher, c’est notre quotidien en tant que fondateur.

Il faut convaincre sans cesse jusqu’aux employés. Car la concurrence est aussi rude en matière de recrutement dans l’univers des start-up. Beaucoup d’entre-elles ont des projets intéressants et effectuent des levés de fonds, c’est donc la guerre au recrutement. Il faut séduire les jeunes qui ont des envies très précises et ciblent les entreprises technologiques qui les font rêver, leur offrent un équilibre vie/travail…

Justement, comment attirer les candidats et les fidéliser ?

Il y a d’abord le challenge : certaines start-up ont pour ambition de révolutionner le monde en faisant évoluer la façon dont les gens travaillent, achètent… Chez Deliver.ee, cela se traduit par la façon de « consommer du commerce ». Ensuite, l’équipe : le candidat se sent-il à l’aise avec ses potentiels collaborateurs ? Vont-ils avoir envie de travailler avec lui ? C’est primordial puisque l’équipe va être en huis clos au départ. Enfin, la culture d’entreprise. Existe-t-il une vraie culture ou est-ce juste un discours de façade ?

Comment pensez-vous gérer la croissance de l’entreprise ?

Grâce aux « early employees », les premiers employés. Comme ils ont tout vécu, ils sont programmés pour devenir les responsables d’un métier, d’un département. La croissance va passer par le recrutement mais aussi par l’attachement des personnes à ces managers. C’est grâce à eux que la culture d’entreprise et les méthodes vont se répercuter.

Pour gérer la croissance et ne pas exploser en vol, j’imagine reproduire ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui à savoir : des équipes à taille humaine, travaillant par projet.

Quels sont vos objectifs à atteindre dans les semaines, mois à venir ?

Il nous faut trouver de nouveaux clients, les pousser à promouvoir notre service et les accompagner. Le premier enjeu reste donc la croissance de notre activité ! Pour l’accélérer, nous devrons recruter. Ce qui exige des moyens, c’est pourquoi nous allons procéder à une nouvelle levée de fonds d’ici la fin de l’année afin d’accélérer le recrutement de commerciaux, de développeurs. Enfin, proposer notre service à l’étranger. Nous comptons nous installer dans un autre pays en 2016, car notre modèle économique est scalable sans aucun problème.

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