Connecthings pour des villes connectées

En déployant des réseaux de balises sans contact (QR codes, Bluetooth, Wifi…) dans les espaces publics (mobiliers urbains, monuments, centres commerciaux, aéroports), Connecthings transforme des objets urbains passifs en points d’interactions intelligents. Zoom sur une start-up créée par Laetitia Gazel Anthoine, partie vivre aux Etats-Unis pour assurer son développement commercial grâce à une récente levée de fonds de 9,5 millions d’euros.

Entretien avec...

Laetitia Gazel Anthoine

Fondatrice de Connecthings.

Comment vous est venue l’idée de Connecthings ?

J’ai créé Connecthings en 2007 à l’époque du lancement de l’iPhone et de Second Life avec l’idée que les smartphones et tout autre objet connecté seraient autant d’outils utiles pour faire le lien entre le monde physique et le monde digital. Un monde dans lequel il existe énormément d’informations en temps réel, qui peuvent s’avérer pratiques pour visiter un musée ou rechercher un moyen de transport en ville par exemple. Imaginez… Plutôt que d’attendre 10 minutes à une station de bus, vous sauriez qu’un vélo est disponible immédiatement à 30 mètres de vous !

Quels services proposez-vous et qui sont vos clients ?

Notre plate-forme logicielle centralisée dans le Cloud, anime l’Internet des objets publics grâce à des balises et orchestre les interactions entre objets urbains et objets connectés. Nous bénéficions d’une trentaine de partenariats stratégiques, tantôt des villes, tantôt des ensembles urbains comme des agglomérations. En France, nous sommes présents à Lyon, Bordeaux, Nice, Caen, Strasbourg et dans tous les arrêts de bus des Bouches-du-Rhône. A l’étranger : Rio, Milan, Madrid ou encore Barcelone avec au total 16 types de connectiques différentes. Nous y avons placé des balises sur des arbres, des vitrines de commerçants, des galeries d’art, des parcs à vélos…

De quelle manière avez-vous structuré votre équipe ?

Grâce à mon réseau dans le milieu des télécommunications, j’ai très vite pu recruter deux développeurs. Des profils potentiellement passionnés par l’aventure start-up. Un commercial intéressé par le potentiel de ces nouveaux usages est ensuite venu se présenter de lui-même. Au départ, c’est donc l’attractivité du projet qui m’a permis d’attirer des talents. Aujourd’hui, nous sommes 35 collaborateurs, répartis dans le monde entre les Etats-Unis, l’Espagne, l’Allemagne à Berlin et Milan en Italie. Nous avons également un chef de projet au Brésil pendant qu’en France, une quinzaine de personnes œuvrent au développement technique du produit. Soit la majorité de l’équipe car c’est bien le logiciel qui est l’atout premier de la start-up. L’autre pôle important, ce sont bien sûr les commerciaux chargés de trouver de nouveaux partenariats avec des collectivités.

Est-ce similaire d’attirer des candidats à l’étranger comparé à la France ?

Allemagne, Italie ou Espagne, ceux qui travaillent en Europe possèdent tous la double nationalité avec leur pays de rattachement et souhaitaient y retourner. Aux Etats-Unis, la situation est différente. C’est Roy, un Américain qui appartient à notre comité stratégique, qui a lui-même recruté les commerciaux au départ. Ici plus qu’en Europe, LinkedIn est très utilisé. Il a donc mis une annonce de notre ambitieux projet de développement dans les villes américaines.

En Europe, nous parlons beaucoup du parcours préalable des candidats alors qu’ici à peine. Il est davantage question de savoir comment ceux-ci comptent atteindre leurs objectifs.

Comment le management est-il abordé ?

Avec 35 collaborateurs, nous restons une entreprise à taille humaine où le potentiel de chacun compte énormément pour avancer. Nous n’avons pas de pratiques à proprement parler. Au sein de l’équipe, plusieurs personnes possèdent déjà de vraies expériences au sein de grands groupes que ce soit chez Google, JCDecaux, des cabinets de conseils ou des start-ups en forte croissance. Nous recrutons des profils pour leur affinité vis-à-vis du projet mais aussi pour leur expérience. Il existe tout de même une hiérarchie, l’une sur la partie projet, l’autre sur la partie technique. Nous demandons aussi aux biculturels, très autonomes, d’avoir l’esprit couteau suisse, car il faut être agile pour démarrer un nouveau marché.

Quels sont vos prochains challenges ?

Notre objectif est d’arriver à plus de 50 partenariats d’ici à la fin d’année dont cinq réseaux développés aux Etats-Unis. Les villes américaines comme européennes sont des marchés qui sont long à obtenir, mais aujourd’hui la notion de Smart City devient une vraie réalité. En France, il nous reste une vingtaine de villes potentielles à démarcher, aux USA environ 500. Les équipes commerciales vont donc s’agrandir, nous embaucherons encore trois personnes aux Etats-Unis en 2016. Tout comme l’équipe technique puisqu’un produit comme le nôtre est en perpétuel développement. Lorsque vous réalisez une belle levée de fonds, il faut savoir se développer avec méthode. Nous sommes convaincus de l’attractivité de notre produit, reste maintenant à transformer l’essai !

Mots clés associés
Partagez cet article

Envie de commenter cet article ?

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Vérification de sécurité *

Haut de page

Inscrivez-vous à la newsletter Mag’RH ! et recevez toute l’actualité RH par email.

Loi Informatique et Libertés Ne plus afficher