Bilan comptable : pour quoi faire et comment le rendre utile ?

Aussi fastidieux que le bilan comptable puisse paraître, son utilité est indéniable, même sur le plan de la gestion des ressources humaines. Récapitulatif du bilan comptable, et de toutes les questions qui peuvent en découler.

Le bilan comptable : c’est quoi ?

Commençons par le commencement : le bilan comptable fait partie (avec le compte de résultat et l’annexe comptable), du bilan comptable de l’entreprise. C’est la photographie à un instant T (en l’occurrence, à la date de clôture de votre exercice comptable, généralement le 31 décembre) de la situation économique et financière de votre entreprise.

Le truc en plus

bilan comptable ≠ bilan social

  • Le bilan social peut être considéré comme la transposition du bilan comptable pour ce qui concerne les RH, à savoir toutes les informations liées à la situation sociale de l’entreprise.
  • Le bilan social est une obligation légale (voir la section dédiée du Code du travail), pour toutes les entreprises de 300 salariés et plus.
  • Le bilan social porte sur : l’emploi, les rémunérations (dont charges), les conditions de travail (dont santé et sécurité), la formation, les relations professionnelles, les conditions de vie des salariés (voire de leurs familles).
  • Pour savoir le détail de ce que doit inclure un bilan social, se référer au tableau prévu lui aussi par le Code du travail.
  • Le comité d’entreprise doit émettre un avis sur le bilan social.
  • Le bilan social doit aussi être communiqué aux délégués syndicaux, ainsi qu’à tout salarié qui en fait la demande. Il est enfin adressé à l’inspection du travail.
  • Le bilan comptable peut être utile pour optimiser sa gestion des ressources humaines. C’est vrai même pour les très petites entreprises (voir ici quelques exemples) : même si ça n’est pas une obligation, un bilan social voire sa version plus dynamique et moins contraignante, le tableau de bord RH, peut permettre de mieux piloter et mieux décider pour tout ce qui touche à la gestion sociale (systèmes de paie, gestion du personnel, politique de développement des compétences, etc.).

Le bilan comptable : pour quoi faire ?

La principale utilité du bilan comptable, c’est de permettre de faire… le bilan. Et oui, car le bilan comptable n’est « que » le cumul de la comptabilité de l’année : en réalisant votre bilan, vous « équilibrez », en faisant en sorte que ce que votre entreprise possède (l’actif) soit toujours égal à ce qu’elle doit (le passif). Le bilan doit toujours être à l’équilibre : s’il y a une différence, elle se matérialise alors en perte, ou en bénéfice.

L’importance pris par telle ou telle sous-catégorie de l’actif ou du passif vous permettent ensuite d’analyser la santé financière mais aussi patrimoniale de l’entreprise.

En résumé, le bilan permet :

  • de déterminer le patrimoine de votre entreprise et donc sa valeur,
  • d’analyser votre stratégie d’entreprise,
  • de savoir si votre entreprise est en bonne santé financière.

Enfin, le bilan comptable est un outil de communication : c’est un document officiel (visé par un commissaire aux comptes, ou un expert-comptable) qui vous permet de prouver votre situation à vos fournisseurs, à votre banque, à vos créanciers, à vos actionnaires ou encore à vos salariés.

Actif ? Passif ? « Haut de bilan » ? « Bas de bilan » ?

L’actif, on l’a vu, c’est ce que votre entreprise possède (ou : comment elle utilise ces ressources) et le passif, ce qu’elle doit (ou : comment elle se finance, avec quelles ressources). Dans les deux cas, on peut ensuite diviser le bilan comptable en 2 parties :

  • le long terme ou « haut de bilan » : les éléments qu’on dit « solides », qui sont permanents. Par exemple : vos actifs immobilisés (votre fonds de commerce, les brevets dont vous disposez, vos équipements, vos filiales, etc.) ou, dans la case passif, vos capitaux permanents.
  • le court terme ou « bas de bilan » : à l’inverse, ce que vous possédez (vos stocks, le cash) ou devez (vos dettes).

Concrètement, j’en fais quoi ?

Sur la base du bilan (qui doit toujours être à l’équilibre, on le rappelle), vous pouvez analyser votre situation économique et financière, d’une année sur l’autre : pour cela, d’autres analyses sont nécessaires, en s’appuyant sur les notions de fonds de roulement, de besoin en fonds de roulement et de plan de trésorerie.

Quelles informations dois-je regarder ?

Vous pouvez tirer du bilan un certain nombre d’informations cruciales. Tout dépend de votre situation, mais les fonds propres (ou capitaux propres), par exemple, sont une bonne indication de votre solidité et indépendance financière. Le niveau de l’endettement et du crédit fournisseur doit, à l’inverse, être aussi surveillé.

De plus, la comparaison entre fonds propres et l’ensemble de ce que vous devez (vos dettes) est intéressante : si la part des fonds propres est importante, cela signifie que vous vous endettez beaucoup pour vos dépenses, ce qui peut s’avérer risqué.

Enfin, les stocks, souvent problématiques, sont à analyser afin d’ajuster au mieux vos commandes.

À quoi ça sert de comprendre le bilan comptable si on n’est pas comptable ?

De nombreux entrepreneurs ou cadres dirigeants se forment à la comptabilité car elle a aussi une influence sur la politique RH (la paye entre autre) et le social. Mieux connaître son environnement économique, financier et fiscal, cela permet de mieux agir sur les hommes qui font votre entreprise. Bien comprendre sa comptabilité, c’est comprendre comment fonctionne votre entreprise et c’est aussi comprendre les intérêts des services et des équipes qui la composent : c’est donc aussi favoriser un meilleur dialogue social.

Le truc en plus

Intégrer le « capital humain » dans ses comptes ?

  • La notion de « capital humain » correspond à la valeur que donnent à votre entreprise les salariés : leurs connaissances, leurs compétences, ainsi que d’autres critères (leur fidélité, leur non-absentéisme, leur capacité à remplir leurs objectifs, etc.).
  • Cette notion vise à ne pas considérer le salarié uniquement comme un coût ou un ensemble de charges dans votre comptabilité.
  • Il est difficile de donner une valeur comptable à ce capital humain et il ne peut donc pas intégrer votre bilan comptable.
  • Toutefois, sur la base de critères qualitatifs, certains essaient de calculer un « retour sur l’investissement en capital humain », qui permet de mieux piloter sa politique RH. D’autres intègrent, en annexe de leurs comptes annuels, l’ensemble des indicateurs qui leur permettent de suivre le capital humain : en termes de motivation (taux de participation, par exemple), de savoir-être (bonnes pratiques, valeurs, etc.), d’efficacité collective, de climat social ou plus directement en lien avec le profil de vos équipes (leurs compétences, leur âge et sexe, etc.).

 

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