Avec Fitle, essayez vos vêtements en 3D et en temps réel sur le web

Créer son double virtuel pour essayer des vêtements en ligne en temps réel avant de les acheter, cela vous parle ? Une première mondiale proposée par la start-up française Fitle, récompensée à plusieurs reprises pour son application du même nom. Charles Nouboué, CEO et fondateur, revient sur ce concept de réalité augmentée, lancée en septembre 2015 qui préfigure l’avenir du marketing digital. Et de l’e-commerce de demain ?

Entretien avec...

Charles Nouboué

CEO et fondateur de Fitle

Comment est née Fitle ?

Je travaillais dans le milieu de l’audit financier et je finissais tard le soir. J’achetais donc mes vêtements en ligne. Très souvent, ils ne m’allaient pas. Il est dommage de devoir acheter des vêtements sans pouvoir les essayer à l’heure où le e-commerce est en train de monter en flèche. Aujourd’hui, un vêtement sur quatre est retourné à l’expéditeur, ce qui engendre des coûts importants pour les distributeurs et provoque de la frustration chez les consommateurs.

Pouvez-vous nous présenter Fitle et l’originalité de ce concept ?

Depuis son téléphone, l’utilisateur télécharge gratuitement l’application et se créé son avatar en moins de 30 secondes à partir de quatre photos et de sa taille. Aucune information supplémentaire comme les mensurations n’est nécessaire.

Ce double virtuel, réalisé grâce à la modélisation 3D en temps réel, a le même visage, la même coupe de cheveux, la même couleur de peau… et permet d’essayer des vêtements sur les sites de nos marques partenaires. Fitle est une cabine d’essayage virtuelle.

Afin de permettre à n’importe quel corps d’essayer n’importe quel vêtement avec un haut degré de précision : des zones de couleurs indiquent si ce dernier vous serre ou pas et à quel niveau.

Comment fonctionnez-vous avec vos marques partenaires ?

Nous installons notre technologie sur leur site après avoir modélisé en 3D leurs collections. À côté du bouton « j’achète ce vêtement » apparaît alors un bouton « j’essaie ce vêtement ». Le client peut se visualiser directement depuis la page produit.

Quels types de partenariats avez-vous développé ?

D’une part avec des marques comme Tex, appartenant au groupe Carrefour ou encore, avec Armor-Lux, marque française plébiscitée par les jeunes, notre principale cible. Ensuite, des marques de vêtements sur-mesure à l’image de Swann et Oscar ou des Dandys, qui permettent de commander selon ses mensurations. Enfin, les entreprises qui proposent à leurs employés des uniformes à l’instar de la SNCF avec qui nous avons réalisé un partenariat-pilote. Nous proposons un service essayage d’uniforme depuis l’intranet de l’entreprise. Depuis, nous avons signé un partenariat avec la poste suisse.

Parlez-nous de votre équipe, qui la compose et quel en est le serrage ?

Mon partenaire Gaétan m’a vite rejoint pour concrétiser et lancer l’idée en novembre 2013. La première vague de collaborateurs est arrivée très tôt. Autant de personnes compétentes dans leur domaine qui nous ont permis d’identifier notre produit. Aujourd’hui, nous sommes 16 dans l’équipe, uniquement des ingénieurs travaillant sur différentes technologies afin de rendre l’application plus simple, fonctionnelle, pratique pour l’utilisateur. Il s’agit de polytechniciens comme de doctorants spécialistes de la construction d’objets, des modélistes pour la précision des vêtements…

Quelles ont été les étapes structurantes de Fitle ?

D’abord, la constitution de l’équipe. Pour toute start-up, l’autre élément principal reste le financement. Nous avons donc procédé à une levée de fonds et réalisé une campagne de crowdfunding grâce à laquelle nous avons récolté 70 000 euros. Nous avons surtout obtenu ce que nous voulions : de la visibilité. Cela nous a permis de nouer des partenariats importants notamment avec des marques et d’obtenir des feedbacks d’acteurs de différents pays. Nous avons aussi gagné au fur et à mesure en crédibilité auprès des investisseurs grâce à nos récompenses, comme le prix du jury Paris Saclay Invest 2014.

Comment abordez-vous le management au sein de votre équipe ?

Il apparaît difficile d’être hiérarchique. D’une part, nous avons tous le même âge, c’est d’ailleurs une des forces de la start-up. D’autre part, les collaborateurs ne sont pas des exécutants, ils sont bien trop diplômés pour ça. Chacun a son domaine de compétence. Niveau technique par exemple, je comprends les choix mais ce n’est pas à moi de prendre la décision.

Je détermine au départ une orientation stratégique. Les collaborateurs ont leurs mots à dire, ils sont décisionnaires dans leur domaine. C’est une sorte de management où l’on s’autogère tous ensemble.

Quelles sont vos prochains challenges ?

A partir de janvier, nous recruterons pour avoir une véritable équipe commerciale. Avoir de nouveaux contrats et partenariats permet de pouvoir tester le produit. Nous souhaitons grandir progressivement jusqu’à 30 collaborateurs. Nous recruterons également des profils techniques pour étoffer l’équipe R&D car la technologie reste le cœur de l’activité. Or, par définition une technologie n’est jamais parfaite. Nous discutons enfin avec des marques étrangères pendant que nous sommes en train de boucler une nouvelle levée de fonds pour nous implanter sur des marchés internationaux : aux Etats-Unis, en Angleterre et en Allemagne.

 

En savoir plus
Mots clés associés
Partagez cet article

Envie de commenter cet article ?

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Vérification de sécurité *

Haut de page

Inscrivez-vous à la newsletter Mag’RH ! et recevez toute l’actualité RH par email.

Loi Informatique et Libertés Ne plus afficher