Avec Cityzen Sciences, l’avenir du textile passe par les vêtements connectés

Créé en 2008, aux balbutiements de l’ère des objets connectés, Cityzen Sciences est devenu le pilote d’un projet industriel textile, Smart Sensing, mené par un consortium d’entreprises. La start-up aux 40 collaborateurs espère bientôt boucler une levée de fonds qui avoisinerait les 100 millions d’euros. Une ascension qui symbolise bien l’avènement de la « Web French Touch ».

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Lorsqu’il sort de chez lui, Jean-Luc Errant, fondateur de Cityzen Sciences, pense à trois choses : son porte-monnaie, ses clés et bien sûr, porter des vêtements.

Cityzen-Science-Vincent-Lambert« Il se dit lui-même distrait,

commente Vincent Lambert, directeur marketing de Cityzen Sciences

Pourtant, s’il lui arrive d’oublier son porte-monnaie voire ses clés, il pense toujours à s’habiller. Or, le textile est un excellent moyen pour glaner en permanence des informations sur les personnes, sans les encombrer pour autant. »

De ce constat simple, la start-up aspire désormais à rendre fonctionnel n’importe quel morceau de textile grâce à l’intégration de circuits électriques au sein de ses fibres.

 

7 millions d’euros acquis à la Banque publique d’investissement

Pour lancer son projet, Jean-Luc Errant dépose en 2011 un dossier au consortium Smart Sensing afin de trouver des partenaires. Dossier qui sera accepté et financé à hauteur de sept millions d’euros par la Banque publique d’investissement (BPI).

« Un vrai coup d’accélérateur qui a offert de la visibilité sur cinq années en plus de partenaires qui ont accepté de partager leur savoir-faire » précise Vincent Lambert.

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Le D-Shirt de Citizen Sciences

Le lancement du programme de R&D du D-shirt, le Digital Shirt, est activé. Il attirera rapidement dans son sillage plusieurs acteurs du milieu sportif : le club de basket de l’Asvel, le Stade Toulousain de rugby ou encore, l’AS Saint-Etienne. Tous friands des améliorations potentielles des performances de leurs joueurs.

Un an plus tard, Cityzen Data voit le jour. La société sœur compte aujourd’hui dix professionnels et s’occupe de la récupération des données.

« Capter les données n’était seulement que le début de l’aventure. Il fallait ensuite pouvoir les utiliser » ajoute Vincent Lambert.

Début 2014, un événement va propulser définitivement Cityzen Sciences dans une autre dimension : la participation au Consumer Electronics Show de Las Vegas. Le premier prototype public est dévoilé au cours de ce salon consacré à l’innovation technologique. A la clé, une récompense qui offrira « une visibilité gigantesque à la société », dixit Vincent Lambert.

Cadencer les travaux de tous par petites équipes

S’ils n’étaient encore que quatre fin 2013, l’équipe s’agrandit vite pour compter plus d’une vingtaine de collaborateurs quelques mois plus tard.

« Nous avons dû mettre en place des process car, en plus de l’équipe R&D interne, nous travaillons avec des partenaires industriels qui ne sont pas situés au même endroit. Eolan, notre partenaire en microélectronique, est basé à Angers, Paris et Païen, tandis que notre partenaire textile se trouve en Ardèche. La structuration par petites équipes s’est vite dessinée pour pouvoir cadencer les travaux de tous », commente Vincent Lambert.

Donner de l’importance aux collaborateurs

Cityzen Sciences repose sur les hommes qui en sont à l’origine, ainsi que sur son projet ambitieux de développement en France comme au Japon, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis.

« Pour susciter l’intérêt, il faut arriver à embarquer des collaborateur à l’esprit entrepreneurial et leur donner suffisamment d’importance pour leur transmettre l’envie de rejoindre l’aventure », relève Vincent Lambert.

Le succès rencontré à Las Vegas a également eu un impact non négligeable en matière d’attractivité.

« Les médias parlent de nous, on passe à la TV… Ce côté « superficiel glamour » nous rend la vie plus facile. Il s’agit d’un cercle vertueux pour les employés, le recrutement comme pour les démarches commerciales. D’où l’importance de parler de son idée lors de concours, réaliser des pitchs et écouter les discours d’autres fondateurs pour connaître leur vision, leurs méthodes de développement… »

Premiers produits sur le marché fin 2015

Prochaine étape pour Cityzen Sciences, la commercialisation du D-shirt à l’horizon Noël 2015. Suivra quelques semaines plus tard le lancement d’un cuissard connecté à destination des cyclistes. Et vu les possibilités offertes par le marché des textiles connectés,

« si tout va bien, nous nous tournerons rapidement vers d’autres domaines comme la santé ou la sécurité au travail, confirme Vincent Lambert. La passerelle se fait naturellement en intégrant par exemple des capteurs de température corporelle et d’autres pour entreprendre des diagnostiques sur la présence de certaines molécules dans le corps. Ou encore, détecter les mauvaises positions de travail et mesurer la pénibilité des efforts. Ensuite, notre challenge consistera à gérer la capacité à prioriser nos secteurs d’intervention ainsi que les bonnes utilisations pour chacun d’entre eux. »

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